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DESIR FEMININ HYPOACTIF III – PROPOSITIONS DE COUNSELLING The desire disorders are more subtle in presentation than are the genital
disorders, and their treatment requires a far greater degree of sophistication
and mastery, involving multiple areas of knowledge and skill.
III – 1 : DIRECTIONS GENERALES DU TRAVAIL THERAPEUTIQUE
“Sexual desire disorders have the lowest success treatment rate among sexual dysfunctions, ranging between 25-35% overall. Etiologic complexity, the importance of relationship issues, intimacy frustration, delay between onset of FSDD and request of clinical help, and/or low motivation to improve sexual relations with the current partner may explain why the response to treatment is generally so disappointing, particularly in unmotivated patients”. (GRAZIOTTIN [2004] Is There Enough Evidence for the Pharmacologic Treatment of Female Sexual Dysfunction ? - www.medscape.com)
Il est important de ne pas perdre de vue la relation duelle dans laquelle
le trouble s’inscrit, avec sa dynamique particulière. Et
de ne pas perdre de vue de la même façon les mouvements vers
l’homéostasie qui le régulent sans cesse dans la durée.
L’absence de désir de Madame joue un rôle clé
dans cette homéostasie. « Nous pouvons affirmer que c’est bien dès le début que le couple trouve un embryon d’organisation systémique, au moment du choix réciproque des partenaires, souvent même au moment de leur rencontre première ».( LEMAIRE [1979]) (14)
L’accompagnement d’une déficience de désir chez la femme comportera dans l’idéal, des entretiens de couple sur le thème des interractions et comportements « contre- productifs » et des entretiens individuels qui viseront à faire émerger la participation inconsciente et défensive liée à l’histoire personnelle de la femme. “Also on a clinical level, it has become clear that a mate is in a unique position to either enhance or destroy the sexual pleasure and functioning of the partner. For these reasons, it has become standard practice in the field, of work with couples together rather than with the symptomatic patient alone in most clinical situations”. (KAPLAN [1995] p.131) (8) “It is especially important to gain a clear sense of how the partners interact with each other, whether they facilitate each others’s functioning, or whether the partner’s sexual behavior is a “turn off” for the patient that will have to be modified in treatment”. (KAPLAN [1995] p.96) (8) III – 1 – B : LES ENTRETIENS DE COUPLE “The sexual therapist is primarily concerned with modifying the specific factors in the sexual system which impair sexual adequacy : the lack of authentic communication about sexual feelings, the sexual sabotages, the ineffective sexual interactions, the paranoid distortions about sexual functioning and the use of sex in the service of the marital power struggle, which must be modified if the couple is to function well sexually”.(KAPLAN [1974] p.168) (7) Sachant qu’il y aura nécessité de rechercher et d’utiliser
l’échelle de valeurs unique du couple en consultation, pour
définir précisément le contenu des pratiques et exercices
proposés.
Sera comme dit plus haut un des premiers thèmes à élaborer
et partager avec le couple. “For the therapist, to facilitate the client’s transformation of the narrative or the history she has about the origin of the desire dysfunction, to help her achieve forgiveness, is basic in order to abandon resentment towards her partner. Once resentment is solved, it could be easier to develop the right emotional attitude to experience desire and act sexually”.( SALGADO (2003]) (27)
“What begins as different sexual drive endowments in individuals becomes a private unavoidable political matter within every relationship. Drive differences create the need for negotiation for every couple. The negotiations deal with both partners’ drives and psychological intimacy needs. Many people expect to negotiate with few, if any, words, believing that direct references to their sexual drive manifestations are crudely improper. Inadequate negotiations may play a role in generating a couple’s sexual withdrawal from one another “.(LEVINE [2003]) (38) “A significant difference in the partners’desire for sex is a fairly common cause of sexual and marital difficulties (ZILBERGELD and ELLISON, 1980 ; LAZARUS, 1988) and the consequent stress on the relationship may be sufficently severe to require therapeutic help regardless of whether or not either partner meets the criteria for a sexual desire disorder”.( KAPLAN (1995] p.81) (8) Dans ces situations, il y aura à mener des entretiens psycho-éducatifs
sur les différences dans la sexualité des deux sexes ; tant
il est encore vrai que l’ignorance de cette évidence est
encore très répandue à l’ère de «
l’égalité des sexes ». « L’érotisme féminin a besoin d’étapes en douceur, par paliers presque insensibles. L’homme veut tout, et tout de suite. La femme veut une progression. Après dix ou vingt ans, une femme amoureuse continue à réclamer, de la part de son mari, les attentions, les soins et la douceur qu’elle désirait au premier jour ». (ALBERONI [1987] p.95) (1)
« La femme veut être séduite suivant son propre rythme
et de façon harmonieuse. “Courtship remains an important factor in human sexuality, and inadequate courtship behavior can play a definite role in the pathogenesis of HSD and low sexual frequency”. ”.( KAPLAN (1995] p.37) (8) « Pour s’abandonner, pour s’ouvrir, pour libérer son érotisme profond, la femme a besoin de se sentir en confiance ». (ALBERONI [1987]p.62) (1)
La question du temps que le couple s’octroie pour des activités, des loisirs ou des plaisirs partagés ainsi que pour l’intimité sexuelle et surtout la qualité du contenu de ce temps à deux, devient, dans des emplois du temps de plus en plus surchargés et complexes, un véritable casse tête à organiser parfois. Ces emplois du temps seront examinés en détail, des tâches simples de « retrouvailles » prescrites, et les résultats serviront souvent de tests pour évaluer la possibilité d’une amélioration de l’intimité du couple et de pronostic sur l’issue de l’accompagnement. « Il se tient des discours de bazar sur « l’usure » du désir, qui sont finalement assez graves puisqu’ils contribuent à enfermer les gens dans leur irresponsabilité. Le temps qui passe, la platitude de la vie ordinaire et le quotidien qui dégrade tout sont désignés comme les grands responsables des échecs amoureux. Ce genre de mythe permet de continuer à croire en l’amour comme une sorte de miracle assez rare auquel il ne serait pas indispensable de participer, chaque jour précisément, pour qu’une relation de don et de partage se construise. Car ce quotidien qui a si mauvaise presse n’est pas autre chose que ce que chacun d’entre nous en fait. » (GRUYER [2000]p. 17) (5)
Pour maintenir l’intimité, le couple doit être capable de vivre l’alternance de l’éloignement et du rapprochement. Le désir sexuel dépend, chez chacun, de sa capacité à vivre la distance et à anticiper les retrouvailles. Il est tout aussi important que chaque individu ait un espace à lui que la possibilité de passer un moment ensemble. Chacun aura à apprendre à s'occuper de soi individuellement afin de ne pas dépendre principalement du couple. Mais cette vision va souvent rencontrer des résistances chez la femme, pour qui « s’occuper de soi est égoïste » ou qui sera insécurisée par les tentatives d’indépendance de Monsieur. Il semble pourtant que cette notion soit à présent assez ancrée chez les couples jeunes quel que soit le milieu social. « Le paradoxe dans une relation provient du fait que l'on ne peut être intime tout en étant fusionné. Une intimité réelle nécessite une indépendance, une démarcation entre les individus. Ainsi, le mariage est l'arène dans laquelle la maturité de la personnalité est la plus mise à l'épreuve, car, seulement la personne émotionnellement mûre peut négocier le rapprochement sans se fondre en l'autre ». (Lynda Dykes TALMAGE et William C. TALMAGE . Relational sexuality : An understanding of low sexual desire in Journal of sex and marital therapy. Vol.12, No. 1, Spring 1986, p.9) « La disponibilité permanente du partenaire tue l’imaginaire érotique : pas de danger, pas de manque, pas de fantasme, et donc pas de désir ». (LELEU [1997] p.29) (12)
Héritages familiaux, culturels, religieux, les croyances nous
semblent des vérités universelles et indiscutables : «
ça fait 40 ans que je pense ou que je fais comme ça ; chez
nous on a toujours fait comme ça….. etc. » Dans le
domaine de la sexualité elles sont d’autant plus difficiles
d’accès qu’elles sont enfouies au cœur de l’intime
de chacun. Et dans la situation d’une femme avec un blocage du désir, le poids des croyances sur “l’obligation de désirer et de jouir” pour se considérer comme « normale » est particulièrement ravageur. Le qualificatif « frigide » communément employé dans ces situations, est aujourd’hui ressentie par les femmes comme une tare lourde, et utilisé parfois par les hommes à l’instar d’une insulte. III – 1 – C : LES ENTRETIENS AVEC LA FEMME
III – 2 : LES OBJECTIFS DU TRAVAIL THERAPEUTIQUE :
Parfois l’évaluation pointera de façon claire que
le corps de la femme parle là où la parole ne peut se dire
ou ne peut s’entendre : quand le silence du désir persiste
et résiste à toute évolution au cours de la thérapie,
et crie la mort de la relation, mort qui ne peut s’accepter, se
reconnaître ou se parler. III – 2 – B : DU STATUT D’OBJET DE DESIR AU STATUT DE SUJET DE DESIR : propositions pour une éducation des femmes à l’érotisme
« Commençons par éliminer deux fausses croyances
: l’une qui édicte que l’usure du désir est
inéluctable, l’autre qui prétend que l’érotisme
ne s’apprend pas ».
- En commençant par les connaissances anatomiques de base : schéma
à parcourir ensemble des anatomies du plaisir des deux sexes - et peut être un jour, bien que cela semble bien difficile à mettre en place encore en France, mise en place d’un groupe de partage entre femmes sur tous ces thèmes.
- La vision qu’elle en a, la place qu’elle se donne dans
le monde et dans le couple, ses attentes depuis cette place de femme en
matière de relation et de sexualité. « On lui apprend à refouler son désir non seulement
au cours de ses rapports sexuels mais aussi (car la relation est confusément
comprise) dans tous ses autres contacts avec le monde depuis la toute
petite enfance. Si bien que lorsqu'elle prend conscience de sa sexualité,
les habitudes acquises ont une force d'inertie suffisante pour étouffer
le désir et la curiosité ». (Germaine GREER. La femme
eunuque - Paris, Robert Laffont, 1970, p. 88.) « Pourtant, nous rappelle BUREAU, être "sujet"(se percevoir comme une personne subjective dans toutes ses dimensions et dans sa globalité) plutôt qu'"objet"(se percevoir en fonction d'un cadre externe de référence et se limiter au fait de performer et d'atteindre un but), est une condition essentielle pour la construction du désir et de son maintien . Un désir qui a plus de possibilités d'expression est aussi un désir qui a plus de chance de se maintenir vivant à plus long terme ».(BOURQUE [1998]) (23) 3 - Relation globale au corps féminin : - Avec propositions d’exercices de relaxation, respirations ou
postures visant à la détente globale dans le quotidien,
mais surtout comme préalable à la rencontre sexuelle, ou
à utiliser pendant les préliminaires. « Au delà de l’anatomique, il faut citer la sensualité globale comme facteur érotique. On peut parler d’un accompagnement sensuel de l’acte sexuel ». (GRUYER [2000]p.53) (5)
Sur la base des avancées vécues au travers des propositions précédentes, des exercices graduels et individualisés seront proposés, démarrant par les perceptions vécues dans les pratiques corporelles déjà expérimentées et des pratiques de concentrations ciblées sur les zones génitales, à expérimenter chez soi.
Adaptés à ce moment là de son histoire et de l’histoire du couple : fantasmes – scénarios sexuels favoris – rêves, dans la direction d’éliminer la routine et de favoriser l’imagination. « Dans le processus d'anticipation, la femme doit codifier positivement le plaisir sexuel dans son imaginaire avant d'en arriver à investir érotiquement dans les activités sexuelles réelles ».( Pr Claude CREPAULT. L'imaginaire érotique et ses secrets - Québec, Presses de l'université du Québec, 1981, p.220). 6 - Elaboration de scénarios ludiques de séduction : « Co-création » en entretiens de « surprises et de cadeaux » à partager avec le partenaire, ré apprentissage, remémoration des « comportements de cour »( tout aussi excitant à mettre en œuvre qu’a recevoir), en privilégiant une atmosphère de légèreté et d’humour pouvant « s’exporter » à la maison ; qui permettront de participer à la déculpabilisation globale du plaisir. « Toute démarche visant à stimuler ce désir, est jugée artificielle et perçue très négativement. Ignorant quels sont les stimuli nécessaires à la naissance du désir, elles sont souvent incapables d’en jouer ».( PARIS [2005]p. P14) (18) « Les femmes doivent comprendre que le désir spontané,
sans effort, n’est souvent possible que dans la passion. En dehors
de cet état d’exception, il leur faudra s’engager personnellement
pour l’obtenir. Elles devront mobiliser leur énergie libidinale
personnelle, leurs propres ressources et ne plus attendre passivement
un désir magiquement présent comme au premier jour ».
( PARIS [2005]p. P14) (18)
Propositions de moments ciblés où chez elle, elle s’exercera à dire, à parler progressivement les mots de son désir, de ses émotions sexuelles. En respectant et en utilisant sa propre grammaire érotique et sensuelle.
«L’érotisme véritable n’est possible
que lorsque chacun des deux sexes cherche a comprendre l’autre,
parvient à se mettre à sa place, à faire sien ses
fantasmes ». III – 2 – C : SYMETRIE OU COMPLEMENTARITE DES DESIRS / QUEL OBJECTIF POUR LE SEXOTHERAPEUTE ?
C’est pourquoi une évaluation pas à pas à chacun des tournants de la thérapie s’avère nécessaire. Au mieux, pour les couples sans dysfonctions relationnelles particulières,
elle conduira à une réévaluation de l’a- priori
masculin et un réajustement des places et des rôles dans
un nouvel équilibre basé sur plus de symétrie sexuelle
et relationnelle entre les deux sexes. La dextérité et la précision de l’accompagnement thérapeutique consistera peut être, en une grande vigilance à tous les signaux d’ajustement échangés dans le couple, et aux rétroactions mutuelles pour évaluer dès que possible la limite de l’évolution acceptable pour ce couple là et non pas viser à tout prix « la libération hypothétique et unilatérale du désir féminin ». Et c’est vraisemblablement à cet endroit qu’une médication
seule, toute efficace qu’elle puisse être sur le plan de l’effet
attendu, ne peut répondre entièrement à la situation
de défaillance du désir de la femme. Défaillance
qui s’inscrit et s’agit dans une relation à laquelle
elle participe de façon vitale comme régulateur. Supprimer
la régulation sans étayer le changement par un accompagnement
psycho-corporel des deux membres de la relation, pourrait conduire dans
certaines situations, ou à l’aggravation du conflit, ou à
la création d’un autre régulateur tout aussi, voire
plus, dysfonctionnel en terme d’épanouissement des individus
( la créativité dans ce domaine étant infinie !). |
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