| LE
DESIR FEMININ HYPOACTIF IV : CONCLUSION L’action suprême est celle du désirer et du vouloir.
Au terme de ce parcours à travers la littérature actuelle sur le trouble du Désir Féminin Hypoactif, à travers les milliers de pages qui ont été parcourues, les centaines de documents différents, il apparaît clairement que de nombreuses voix de spécialistes de la sexualité féminine s’élèvent pour attirer l’attention sur le glissement et le rétrécissement actuel de la vision scientifique vers une hyper médicalisation de ce « trouble ». Ces mêmes voix relayées ici continuent de nous dire que
la faiblesse ou l’absence de désir secondaire, chez une femme
dans l’histoire de laquelle aucun traumatisme particulier ne peut
être mis à jour, et qui ne manifeste aucune maladie psychiatrique
ou physique avérée, cette absence sonne comme une alerte.
Et en cela le modèle du désir féminin ne peut plus s’appréhender avec les paramètres qui ont servi à observer et soigner le désir masculin. « Le symptôme apparaît comme la marque d’une perte de sens, comme le signal d’alarme que provoque le corps pour que la patiente mette en place, enfin, en elle, des processus de changement. « Oui pourquoi cela vous arrive t il maintenant ?» (HERIL [2003] ) (6) Sous le regard de plus en plus précis des chercheuses d’aujourd’hui,
force est de constater que le désir féminin échappe
à toute mise en norme rigides ou absolues. Il se place et s’observe
à présent dans son contexte d’origine, dans la relation
qui le nourrit ou l’entrave et en tant que phénomène
sexuel global, non plus comme une étape isolée de la rencontre
sexuelle. “If the clinician who treats sexual difficulties is to transcend the role of a technician who dispenses his remedies in a mechanical fashion, if he is not to be limited to removal of immediates stress, if he is to go beyond “sensate focus” and “squeeze”, then he must understand the structure of the dysfunctions on all levels”.( KAPLAN [1974]p.67) (7) « Une dysfonction sexuelle liée au partenaire ne saurait
être plus longtemps diagnostiquée comme pathologique »
. Mais toutes ces éclairages récents de la communauté scientifique sont loin d’être partagés et acquis par les femmes et les hommes que nous recevons chaque jour. “Younger women report pressure from their partners to have orgasms
every time during sex – it seems to make their partners feel masculine
and they want to please their partners – does this make their distress
about orgasms a dysfunction ?
A présent ouvertement accessible, le « continent noir »
de la sexualité féminine avec tous ses circuits au sein
de la relation de couple, commence seulement à révéler
quelques unes de ses clés. Il reste encore tant à découvrir
sur la complexité de leurs interconnections. “Sexual desire, therefore, educates us throughout our lives. It often reflects our longing for something that we do not currently have. Since almost all lives are periodically unsatisfying, our new sexual desires inform us about our felt deficiencies in ourselves and our relationships and how they might be improved. “ ( LEVINE [1987]) (39) « Dans toute psychothérapie, et, à plus forte raison, dans la problématique sexuelle féminine, l’objet central du travail n’est pas la pathologie mais bien la perspective. « Maintenant la sexologie adulte peut se pencher sur l’aspect « humain » de la sexualité humaine, aspect émotionnel, relationnel, et devenir un vecteur d’une « culture de vie »au service de la rencontre homme/femme ». (CREPEAULT [2004]) (34) Ce travail espère s’inscrire clairement et modestement dans cette perspective.
|
| Me
contacter |