cabinet eveils, conseil conjugal familial, Thérapie couple, sexothérapie, sexologie

LES ARTICLES

• Sur le divorce
  Marlyse Tschui
  Les dix étapes du divorce - Ibrahim Azmy
  Jocelyne Dahan - Bruce Fisher

• Sur la violence
  Prendre soin et Violence
  (Introduction à quelques questions   fondamentales)
  La violence faite aux femmes

• Sur l'IVG
  Conditions, démarches, coûts, contacts

• Sur la phobie sociale
  Yves Jaeglé

• Sur le Conseil conjugal
  UPC Belgique

 

DES LIVRES

Guy Corneau : tous ses ouvrages

Jacques Salomé : tous ses ouvrages

Paule Salomon : tous ses ouvrages

Anne Ancelin-Schützenberger : Aïe mes aïeux

LA PRESSE

 

LE CONSEILLER CONJUGAL

Qu'est-ce qu'un(e) conseiller conjugal ? La profession n'est pas encore très connue malgré que nous ayons dans les équipes des planning familiaux de tels professionnels depuis très longtemps. Chez nous depuis toujours c'est à dire depuis plus de 25 ans. Laissons à l'UPCC (Union Professionnelle des Conseillers Conjugaux) le soin de les présenter.

DÉFINITION

Le conseiller conjugal assure une fonction clinique d'aide psychologique en consultations individuelles ou conjugales. Son champ d'intervention concerne principalement le couple dans sa globalité, dans les domaines relationnels, affectifs et sexuels: projet de couple, couple en interrogation, couple en crise ou détruit par la rupture ou par la mort. Le travail du conseiller conjugal se situe dans un autre registre que celui de l'agir. Il n'est pas d'apporter des informations ou une guidance pédagogique, juridique ou financière. Son travail est d'écouter la réalité de la crise apportée par les consultants exprimée en termes de plaintes et de souffrances explicites. Il tentera ensuite au fil des entretiens de déceler et de cerner les problématiques personnelles et relationnelles mises en jeu à l'occasion de cette crise. Cela suppose de la part du conseiller conjugal une écoute attentive à la fois de l'individu et de son environnement relationnel, dans un climat de soutien, de confiance et d'accompagnement. L'objectif poursuivi est de permettre aux consultants de comprendre et de progressivement dépasser leurs obstacles intérieurs et relationnels.

DÉONTOLOGIE DU CONSEILLER CONJUGAL

En tant que clinicien, le conseiller conjugal a la responsabilité première de mettre en place pour les consultants, un cadre, symbole de son éthique professionnelle, pouvant servir de " lieu de dépôt " et de contenant. L'établissement de ce cadre est destiné à aider les consultants à accéder à leur propre espace intérieur, en développant leurs capacités d'autonomie dans une perspective dynamique de moindre souffrance tout en favorisant un travail d'élaboration psychique. Pour ce faire, il importe de mettre l'accent sur des conditions essentielles de sécurité et de garantie, sur le plan éthique et déontologique, qui introduisent des limites protégeant les consultants comme le conseiller:

a. Références méthodologiques et compétences reconnues par un diplôme. L'attitude fondamentale du conseiller conjugal est fonction de ses choix éthiques et méthodologiques. Les référents théoriques s'appuient sur les théories psychanalytiques, rogériennes et systémiques. Le conseiller conjugal offre une relation d'aide essentiellement verbale, en face à face. Le titre de conseiller conjugal est reconnu par un diplôme qu'il obtient après 4 ou 5 années de formation, de stages et un mémoire.

b. Formation personnelle, rigueur, exigences de formations continuées. Comme professionnel de la relation d'aide, le conseiller conjugal continue de se former sur le plan personnel afin notamment de garder la distance et la rigueur requises pour le maintien et le développement de sa compétence. A cet effet, il participe entre autres à des supervisions individuelles et/ou collectives ainsi qu'à des échanges avec ses pairs.

c. Secret professionnel et devoir de discrétion. Ce secret porte sur tout ce que les consultants confient au conseiller conjugal et même sur le recours à son aide. Il s'étend au-delà de la mort de la personne ou de son éloignement. Ces obligations s'appliquent également vis à vis du partenaire et de la famille des consultants ainsi que des tiers qui seraient nommés en consultation. Dans l'intérêt du consultant, le secret peut être partagé avec d'autres professionnels tenus au secret. L'anonymat des consultants doit être sauvegardé.

d. Règle d 'abstinence. Le conseiller conjugal a un devoir de réserve absolu et ne permet pas aux consultants d'accéder à des réalités de vie personnelles. L'abstinence fait partie intégrante du cadre de travail.

e. Conditions explicites de lieu, de fréquence, d'honoraires. Les conditions explicites de lieu, de fréquence, d'honoraires sont définies clairement avec les consultants. Dès les entretiens préalables à l'établissement d'un contrat de travail régulier, le conseiller conjugal informe la personne qui consulte de tous les aspects relatifs à ces conditions. Il recevra la personne dans un lieu constant, aux jours et heures convenus. Le lieu proposé offrira la neutralité, la discrétion et le calme requis. La fréquence est décidée en commun, tenant compte de la demande, de la situation et des possibilités pratiques de chacun. Pour favoriser la prise en charge des consultants par eux-mêmes, les honoraires sont fixés en fonction des particularités inhérentes à leur situation, qu'elles soient économiques ou autres. Les conseillers conjugaux travaillant dans les Centres de Planning respectent les exigences de l'Autorité publique. Tous ces aspects ont valeur contractuelle.

LE CONTENU DU TRAVAIL

Le conseiller conjugal procède d'abord à un travail d'écoute sur la motivation et la demande. Il vise ensuite à établir un cadre qui sert d'étayage, avant d'envisager le type de travail thérapeutique à entreprendre ensemble. Le conseiller conjugal est attentif tant à la demande implicite qu'à la demande explicite. Il la reformule éventuellement tout en veillant à ne pas précéder les consultants dans les prises de conscience et les décisions qui lui appartiennent. Dans la consultation de conseil conjugal, les demandes adressées en période de crise sont majoritaires. La crise apportée lors des premiers entretiens peut occuper tout l'espace et différera, dans un premier temps, l'analyse en profondeur et la possibilité de remise en cause personnelle. Peu à peu, les consultants, accompagnés par le conseiller conjugal, sortiront de l'enfermement de cette crise et seront prêts à faire le constat qu'ils y contribuent malgré eux. Une autre demande peut être faite en consultation conjugale, celle de comprendre et de découvrir ce qui se passe en soi et/ou dans son couple, dans un souci de mieux être. Les personnes seules ou en couple, motivées pour entreprendre ce travail tenteront d'éclairer les causes et effets des difficultés internes externalisées, de regarder et de comprendre les symptômes exprimant un déséquilibre personnel et/ou dans le couple. La consultation conjugale constitue un lieu contenant, un espace personnel où se penser et penser la crise. Elle permet de la mettre en mots, d'y donner sens et de l'assumer en devenant capable de choix. Dans ce travail, le conseiller conjugal s'appuie sur les ressources des consultants et le matériel qu'ils apportent tant sur le plan psychologique que sociologique.

LE CURSUS DE FORMATION

Travail psychologique et conseil conjugal Dans un premier temps, la qualité de la formation du conseiller conjugal est garantie par des exigences d'acceptation des candidats dans les écoles. Le deuxième temps est la mise en évidence du continuum de la formation, dispensée tout au long de quatre à cinq années théoriques et de stages, par un travail intense, collectif et personnel, exigé de chaque étudiant. Ce travail se termine par un mémoire ayant valeur d'intégration et d'élaboration de la formation reçue. Il s'agit d'une formation supérieure qui est à évaluer avec la même rigueur que d'autres formations professionnelles supérieures et qui confère toute la pratique indispensable à un travail de qualité. Dans le troisième temps, le cursus de formation personnelle et continuée reste prioritaire et constant. C'est sur le terrain clinique, soutenu par des supervisions individuelles et/ou collectives, que se poursuit un travail psychologique sur soi, qui peaufinera l'expérience professionnelle des conseillers conjugaux.

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Marlyse Tschui

Le divorce est rarement le fruit d'une décision mutuelle. En général, l'un des conjoints se retrouve dans le rôle du largueur et l'autre dans celui du largué. Ce dernier se sent trahi, incompris, plein de colère et de rancœur.
"C'est lui qui a voulu le divorce, alors il va me le payer !" Cette phrase, qu'entendent à tout bout de champ les avocats, est annonciatrice de conflits longs et éprouvants, dont les principales victimes seront les enfants. Pour éviter que la vie de chacun ne soit empoisonnée par la guérilla postconjugale, les professionnels des secteurs juridique, psychologique et social ont mis en place des services de médiation familiale visant à aider le couple à gérer ses litiges. Au départ, l'objectif était de parvenir à un règlement à l'amiable de questions purement pratiques comme la garde des enfants ou la répartition des biens. Mais les médiateurs se sont vite rendu compte qu'un tel accompagnement ne pouvait porter ses fruits qu'en rétablissant le dialogue entre les partenaires.

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Les dix étapes du divorce

Dans son ouvrage "The Process of Divorce", Ibrahim Azmy a mis en évidence dix étapes émotionnelles liées au processus du divorce :
Menace de séparation :
"Si rien ne change, je vais te quitter."
Séparation : l'un sen va.
Déni : "Il me quitte, c'est impossible !"
Choc : confrontation à la réalité, par ex. en recevant la lettre de l'avocat.
Colère.
Marchandage : règlement de comptes, au propre et au figuré.
Dépression.
Isolement, repli sur soi : "Je ne veux plus voir personne !"
Acceptation : élaboration du deuil de la relation.
Reprise de la vie sociale.

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"Pour régler les problèmes, explique Jocelyne Dahan,

il est important de comprendre ce qui s'est passé. On ne peut pas faire fi des émotions. C'est pourquoi nous avons élargi notre champ d'intervention en proposant aux conjoints de procéder préalablement à un bilan conjugal qui leur permet de recadrer leur histoire. Nous constatons fréquemment un décalage de la communication dans le couple. Le médiateur se retrouve face à deux individus qui racontent une histoire différente. Notre rôle est de les aider à reformuler ce qui leur arrive, et de nous assurer que chacun a compris le message de l'autre. Avant de penser à la séparation, l'instigateur de la rupture a lancé des signaux d'alarme sur le dysfonctionnement du couple, que l'autre a refusé d'entendre. Celui qui décide de partir a déjà accompli un long processus: il est passé par les étapes d'élaboration du deuil, alors que son conjoint ne fait que les aborder. D'où le décalage: quand l'un veut se séparer, l'autre cherche à se réconcilier. Il est très important de faire comprendre à celui qui se considère comme une victime que celui qui est parti est passé par les mêmes souffrances que lui, mais à un autre moment."

Déni, sentiment d'injustice, déception, colère, peur, doute, amertume, culpabilité, tristesse et solitude se vivent, selon les protagonistes, avant ou après la séparation. Elle ne tient pas la route, l'image simpliste de la pauvre victime aimante qu'abandonne froidement le "méchant", seul responsable du divorce.

Psychothérapeute et spécialiste des questions conjugales, Bruce Fisher fait cette constatation: "Celui qui veut sen aller affirme avoir essayé de résoudre le problème et qu'il pensait partir depuis des mois, voire des années. Son partenaire est resté sourd à ses remarques. Peut-être niait-il l'existence du problème avant la rupture. Lorsque c'est chose faite, il s'obstine en refusant d'accepter la réalité: Nous étions si heureux ensemble..."

Selon Bruce Fisher, il existe un scénario type de la rupture, et les protagonistes s'y expriment pratiquent toujours dans les mêmes termes:

— "J'ai besoin de temps et d'espace pour mettre de l'ordre dans mes idées et il faut que l'on se sépare pour cela. (...) Tout ce que je sais, c'est qu'il faut que je parte. Je men veux de te faire souffrir, mais il n'y a rien que je puisse faire, parce que si nous restons ensemble, tu souffriras aussi. Acceptes-tu que nous restions amis?"

— "Ne me laisse pas! Pourquoi ne m'aimes-tu pas? Dis-moi en quoi je suis fautif et je changerai. Il doit certainement y avoir quelque chose que je peux faire. Dis-moi quoi. Je pensais que nous formions un bon couple et je ne comprends pas pourquoi tu souhaites me quitter. (...) Je t'aime. Ne me quitte pas."

— "J'ai souvent essayé de te dire que j'étais malheureux et que nous devions changer quelque chose. Mais tu ne m'écoutais pas. J'ai tout essayé. (...) Tu t'accroches à moi et je veux simplement que nous restions amis."

Dans le cadre d'une médiation, les partenaires sont invités à dresser un bilan personnel, professionnel, conjugal et parental. Il s'agit de passer en revue aussi bien l'histoire du couple que les attentes, les représentations et les frustrations de chacun, ainsi que la place de l'un et de l'autre auprès des enfants.

"Un tel bilan, commente Jocelyne ahan, permet de voir si la décision de divorcer est irrévocable. Si c'est le cas, nous entreprenons la gestion de la séparation qui aboutira en principe à un protocole d'accord utilisable dans le cadre juridique. Mais si les deux partenaires s'interrogent encore sur le bien-fondé de la rupture, nous leur proposons de recourir à une thérapie conjugale qui leur permettra d'y voir plus clair et de repartir éventuellement sur une nouvelle base. Ce sera peut-être l'occasion pour eux de comprendre que les crises sont normales et nécessaires, et qu'elles offrent la possibilité de réaménager la vie du couple en se mettant d'accord sur ce qu'on partage et sur la manière de le partager, tout en gardant un jardin secret pour chacun." A noter qu'après avoir effectué un bilan conjugal, deux couples sur dix renoncent à divorcer.

Entre la poursuite de la vie commune et le divorce, il existe une voie médiane: la séparation-réflexion, qui permet de reporter la décision définitive et de prendre la distance nécessaire à l'élaboration d'une nouvelle relation, sans défaire pour autant le lien conjugal. Cela implique de la part des conjoints une bonne dose de maturité et de confiance, ainsi que la volonté de regarder en face ses propres responsabilités dans les difficultés du couple. Bruce Fisher observe que cette solution transitoire, proposée majoritairement par les femmes, est volontiers envisagée par les maris attentionnés, à l'esprit souple et ouvert, mais que les hommes peu enclins aux compromis et au changement refusent d'envisager une telle perspective et préfèrent la rupture définitive à une séparation.

Certains couples ne souhaitent pas passer par l'intervention d'un tiers pour régler leurs affaires privées. Pourquoi ne procéderaient-ils pas à un bilan conjugal en tête-à-tête? "Cela me paraît difficilement envisageable, déclare Jocelyne ahan, sauf dans les rares cas où les deux partenaires sont favorables à une séparation. Quand l'un des deux a décidé de partir et que l'autre s'y oppose, le couple est encore trop ancré dans la souffrance. Il ne pourra pas, en discutant, se libérer des émotions et des affects: la gestion de la rupture restera uniquement émotionnelle. Si les souffrances n'ont pas pu s'exprimer, elles vont se cristalliser autour des questions d'argent et des relations avec les enfants, donnant lieu à des conflits qui pourront durer des années. Il est logique de vouloir régler tout seul sa séparation. Mais c'est souvent trop difficile. C'est pourquoi, à mon avis, une réforme idéale du divorce consisterait à permettre à toutes les familles d'avoir accès à la médiation. Quant aux parents qui ne veulent pas en entendre parler, je n'ai qu'un conseil important à leur donner: qu'ils ne mêlent en aucun cas les enfants à leurs controverses. S'ils ont à discuter, qu'ils ne le fassent pas à la maison, en présence des enfants, mais à l'extérieur, au bistrot s'il le faut..."

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PRENDRE SOIN ET VIOLENCE
Introduction à quelques questions fondamentales

(approche philosophique)

INTRODUCTION : POURQUOI LA VIOLENCE ?

Le règne du déni de la violence vécue

Toute une série de facteurs laissent à penser que la culture occidentale pratique, à l’égard de la violence ressentie ou vécue, un déni radical. Prenons un exemple pour comprendre comment se manifeste ce déni. Nous appellerons " personne chargée de prendre soin ", ou " aidant ", un médecin, un psychiatre, un juge, un professeur ou instituteur, etc. et " patient " l’élève, la personne âgée, le justiciable, le patient dans une institution hospitalière, etc. Imaginons donc une personne chargée de " prendre soin " qui se trouve face à un " patient " (peu importe l’âge de ce dernier) qui fait tout pour se rendre détestable : il injurie la personne chargée de l’aider, il lui crache dessus, etc. Si l’aidant est d’une constitution " normale ", que va-t-il se passer ? Après un certain temps, la patience ayant des limites, il sentira la tension monter en lui, il pensera qu’une bonne gifle ferait du bien à ce " grossier personnage ", mais ne pouvant le gifler, il voudrait au moins le secouer, lui crier d’arrêter. Finalement il mettra un terme à l’entretien : " Allez, disparais de ma vue ! ". Si l’aidant est de constitution " normale ", il est évident qu’il n’étranglera pas son " patient ", tout comme il ne l’a pas giflé : il ne passera pas à l’acte. Mais comme il est toujours de constitution normale, il se culpabilisera sans doute d’avoir eu de telles pensées, de s’être laissé emporter... ne fût-ce qu’intérieurement : il s’est révélé perméable au mal.

Pourquoi donc les sentiments de colère, d’agressivité, de violence sont-ils ressentis comme " mauvais ", alors que les circonstances les rendent parfois compréhensibles ? Pourquoi sinon parce qu’on nous a appris, dès notre plus jeune âge, qu’on ne peut pas " faire des colères ", dire des gros mots, se fâcher, faire le mal ni même le vouloir. Tous ces gestes, et les sentiments qui les accompagnent, notre éducation nous a appris à les intérioriser, à les museler. Sinon c’est la punition, sinon on est déclaré " méchant " au risque, par conséquent, de n’être plus aimé (par ses parents). Le déni de la violence vécue ou ressentie n’est rien d’autre que cela : ne rien montrer, tout garder pour soi. Ou se sentir coupable si on " craque ".

Notons au passage que c’est tout le contexte culturel qui soutient et valide ce type d’éducation : l’idéologie sociale, véhiculée notamment par les messages de prévention, laisse entendre, lorsque ces messages concernent la violence, qu’il faut tout faire pour en éviter les manifestations. La violence peut être évitée, sous-entendu : la violence est mauvaise, elle ne doit pas s’exprimer. La philosophie politique nous apprend aussi que l’institution de l’Etat s’accompagne nécessairement d’une gestion de la violence : seul l’Etat conserve le monopole de la force et de la violence, toutes les autres formes de violence devenant de facto illégales, illégitimes, hors-la-loi, donc mauvaises. Enfin, dernier exemple, l’histoire nous apprend que depuis la Renaissance, les mœurs des sociétés occidentales ont évolué vers ce que l’on appelle une " intériorisation des mœurs", c’est-à-dire de tous nos sentiments, et pas seulement ceux liés à la violence (cfr à ce propos L’exil intérieur de R. Jaccard). Aujourd’hui, être un homme ou un enfant " normal ", c’est être une personne étrangère à toute forme de violence.

Notons enfin, pour faire face à une fausse objection, que la débauche de violence à la télévision reste une violence-spectacle, c’est-à-dire une violence qui nous laisse passifs. Elle est donc à l’antipode de la violence vécue et ressentie. On pourrait même aller plus loin et dire que la surabondance de spectacles violents aurait pour effet non pas de nous exciter mais de nous accoutumer à la passivité du spectateur. Deux conséquences découlent de ce qui vient d’être dit : d’une part, on se trompe lorsqu’on accuse la télévision d’inciter à la violence. Je pense que c’est tout le contraire qu’il faut dire : elle nous accoutume à n’être jamais que des spectateurs passifs de la violence. Ainsi regardons-nous un film tout comme nous regarderons ultérieurement un accident de la route ou tout comme nous serons le témoin pétrifié d’une agression. Deuxièmement, qu’il y ait un goût pour les effusions de sang au cinéma ou à la télévision témoigne, à mon sens, en faveur du règne du déni : plus le déni de la violence vécue ou exprimée sera grand, et plus notre goût du morbide sera accru et devra trouver des exutoires : le spectacle de la violence est de ceux-là. Que nous soyons aujourd’hui dans une attitude passive et de déni, deux faits parmi d’autres en témoigneront : comment comprendre que dans les salles de cinéma notamment, les spectateurs restent impassibles face à des scènes " excitantes " ? Ensuite, qui parmi ces spectateurs, c’est-à-dire qui parmi nous supporterait sereinement d’égorger réellement un poulet ? Très peu à mon sens. Aussi, toutes ces remarques mises ensemble, on peut penser avec prudence que plus on accusera la télévision d’inciter à la violence, plus on suscitera la curiosité des téléspectateurs, plus on les accoutumera à de tels spectacles et plus on les " anesthésiera ".

Par ailleurs, de ce que certains en viennent à exprimer leur violence en s’inspirant clairement de tel ou tel " héros ", on ne peut en conclure qu’une seule chose : la télévision les inspire dans la manière d’exprimer leur violence. Mais cela étant dit, il reste à se demander pourquoi ces gens éprouvent le besoin de faire ressortir leur agressivité. En tout cas, si c’est du côté des films qu’ils s’inspirent pour faire ressortir leur violence, cela ne signifie-t-il pas, une fois encore, que c’est parce qu’ils ne trouvent pas ailleurs des modèles, et cela parce que notre société pratique le déni de la violence vécue ?

Et pourtant la violence est bien là !



Sans doute pratiquons-nous le déni à l’égard de la violence, il n’empêche que la violence est bien là, présente au cœur de nos cités, de nos institutions ou des familles. On ne peut donc pas se contenter d’affirmer que la violence est déniée. Le phénomène est sans doute plus complexe. Afin de comprendre la spécificité de la violence contemporaine en période de déni, il convient donc de prendre du recul pour nous demander : d’une façon générale, quand donc observe-t-on l’apparition d’un comportement violent, que ce soit chez un tout jeune enfant ou chez un adulte ?

La violence est rarement spontanée. En règle générale, une personne a un comportement violent lorsqu’elle est privée de quelque chose, lorsqu’elle doit renoncer à la réalisation d’un de ses désirs. Par exemple, un jeune enfant à qui on refuse une friandise de plus risque fort de piquer une colère, ou à tout le moins d’exprimer son mécontentement. L’aîné d’une famille aura des désirs de mort pour le petit frère ou la petite sœur qui vient de rentrer de maternité, parce que, à cause de ce dernier, il perd sa place privilégiée d’enfant unique et craint d’être privé de l’amour de ses parents. De la même façon, toutes les obligations imposées aux enfants peuvent être vécues par eux comme une perte d’autonomie ou comme une contrariété par rapport à leurs désirs : les enfants s’opposeront plus ou moins violemment à la demande ou s’y plieront mais alors en " râlant ". L’obligation scolaire peut être ressentie comme l’une de ces contraintes ou l’on doit renoncer à sa liberté, à son désir de rester près de maman, etc.

Toutes ces situations, qui engendrent de la colère voire de la violence, ont ceci en commun qu’elles imposent à chaque fois un renoncement, une frustration, une perte. De telles situations portent un nom : le deuil. Si je m’intéresse au deuil en tant que philosophe, c’est parce qu’à mon avis, le deuil relève davantage d’une anthropologie philosophique que d’une simple psychologie. Le deuil est à proprement parler une dimension propre à la nature humaine (qui n’a rien à voir avec la tristesse, puisque des deuils peuvent s’accomplir dans la joie ou la débauche de certaines fêtes). Il convient donc de parler du deuil comme certains parlent de la liberté ou de la conscience lorsqu’il s’agit de définir ce que l’on appelle en philosophie l’essence de l’homme, c’est-à-dire sa véritable nature. Toutefois, une présentation classique du deuil nous suffira pour dégager l’une ou l’autre question fondamentale quant à la problématique de la violence.

Le deuil est avant tout un processus au cours duquel on en vient à se détacher de quelque chose ou de quelqu’un que l’on va perdre. En tant que processus, le deuil se présente comme un cheminement en plusieurs étapes possibles. Ces étapes sont facultatives : on ne doit pas nécessairement passer par toutes les étapes pour réaliser son deuil. On peut toutefois distinguer, au maximum, six étapes. Je les rappelle : le choc (lorsque je suis confronté à une perte, à une frustration, etc.), le déni (je nie la perte), la colère (c’est l’étape qui nous intéresse directement), la dépression (repli sur soi-même), le marchandage (je négocie la perte en échange de quelque chose) et enfin l’acceptation. L’enjeu d’un tel processus est clair : soit je me replie dans l’imaginaire (je n’accepte pas de devoir renoncer ... par exemple à être tout-puissant ou à vivre les autres comme le prolongement de moi-même) soit j’accepte et j’assume la réalité (je ne peux pas faire tout ce que je veux, tout ne m’est pas dû, etc.). C’est ce que Descartes avait déjà vu lorsqu’il se demandait s’il valait mieux changer ses désirs ou bien l’ordre du monde.

En quoi consiste la violence comme étape du deuil ? Afin de ne pas devoir renoncer, je vais essayer de supprimer le réel qui me dérange. Revenons un instant à l’exemple pris tout à l’heure : le " patient " qui m’insupporte, je veux le voir disparaître. Cette disparition souhaitée correspond à la phase de colère dans le deuil. Car de quoi est-il question ici, sinon se retrouver face à quelqu’un qui met en échec mon désir de toute-puissance de celui qui vit le patient en difficulté comme son propre prolongement, celui en lequel sa générosité débordante va venir s’épandre ? Le " patient " insupportable met en échec tout cet imaginaire. Alors, plutôt que de vouloir renoncer à nos rêves (deuil), nous désirons secrètement supprimer le réel si dérangeant. Ainsi pourrons-nous continuer à croire à nos illusions.

Or, et c’est là tout le problème, nous pratiquons le déni face à la violence. Toute violence doit être tue. Le violent sera réprimé, sanctionné. Il devra nier ses sentiments, nier ce qu’il ressent, se mentir à lui-même. Que résulte-t-il alors de ce déni ?

Premièrement, le processus du deuil sera bloqué à la phase de colère. Celle-ci n’ayant pu s’exprimer, s’extérioriser, l’acceptation n’aura jamais lieu. Si tout le monde n’éprouve pas le besoin de se mettre en colère dans une situation de deuil donnée, il est vrai, par contre, que toute personne qui doit passer par cette phase, si elle ne peut pas la vivre, ne passera pas à une phase ultérieure. Deuxièmement, et c’est là qu’on observe l’effet pathogène du déni de la violence : la violence refoulée va ressortir en différé, le plus souvent sous forme non gérable et destructrice, à l’occasion de contextes similaires au premier deuil. Par exemple, un enfant qui est confronté à des frustrations importantes dans son milieu familial trouvera dans l’école un contexte plus ou moins semblable (l’instituteur comme substitut des parents) où se défouler. Enfin, si la violence ne trouve pas à s’exprimer à l’extérieur, la violence refoulée se retournera contre soi (culpabilité, angoisses, maladies, décrochage scolaire, autisme, suicide, etc.).

Deux cas fréquents doivent être évoqués ici, cas qui s’inscrivent généralement à l’intérieur de la problématique du deuil mais en accentuant davantage le caractère pathogène du déni de la violence. Le premier de ces cas concerne un " patient " étouffé par les personnes chargées de prendre soin de lui, que celles-ci soient débordantes d’amour ou au contraire trop autoritaires. Il arrive que le patient, pour trouver une place à lui où respirer, se réfugie dans la violence. Car le caractère " hors-la-loi " de la violence lui garantit que là au moins, les personnes qui l’aident ne le suivront pas : dans la violence, il aura enfin un territoire à lui, il pourra enfin vivre par lui-même. Deuxième cas de figure : un " patient " qui se trouve en présence de personnes chargées de prendre soin de lui, qui estiment qu’imposer des limites, c’est imposer des frustrations. Soucieux de l’épanouissement de leur " patient ", ces aidants refusent d’assumer leur autorité qu’ils identifient sans autre forme de procès à de la violence (or, la violence étant " mauvaise "...) : ils laissent tout faire. Le comportement qui en résulte peut alors être le suivant : le " patient " cherchera par une conduite faite de transgressions de plus en plus graves quelqu’un qui lui opposera enfin un " non " ferme. Ce n’est qu’à l’abri de certaines limites clairement définies qu’un patient peut se sentir en sécurité, respecté et " pris en charge ".

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Les violences faites aux femmes

1/ Ça peut plus durer comme ça. “Nous, on dit : ça suffit comme ça. Il y a des crapules dans les quartiers, comme partout. Trop de violence. Agressions, bagarres, armes à feu, viols... Les victimes, c'est toujours nous, mais quand les télés en parlent, c'est pour nous traiter en coupables. On ne nous écoute plus, on nous condamne. On veut pouvoir vivre en paix. Circuler sans avoir peur. Le droit d'étudier sans crainte. On n'a rien de tout ça. La première des injustices, c'est ça.”

2/ Respect ? On se parle sur un autre ton. “L'agression, ça peut commencer par un regard. Mais c'est surtout les mots. Certains s'amusent à provoquer, et utilisent des mots qui poussent à la guerre. C'est vrai, tout le monde peut péter les plombs. Ça arrive. Mais ce langage de défi ! cette manie d'afficher sa force sur l'autre, en permanence, ça chauffe les esprits. Il faut se parler normalement, garder le contrôle. Certains disent : faut être respecté. Nous, on dit : «Si tu veux le respect, commence par respecter les autres».”

3/ Pas besoin de sa bande pour se parler.
“C'est quoi, cette manie d'aller toujours chercher sa bande dès qu'il y a un malaise ? Règle numéro 1 : si t'as un problème, tu viens me le dire. Dès qu'on se parle franchement, on commence à se connaître. Tout peut se résoudre en se parlant. Mais, avec une bande, pas de dialogue possible. C'est le plus chaud qui gagne. Résultat : la guerre. Pour rien.”

4/ Rendre la justice, ça devrait être merveilleux !
“Quand on était tout petit, on rêvait tous de devenir policier. Certains nous parlent normalement. Ils connaissent le quartier, savent nous serrer la main et dire bonjour quand on se croise. La plupart, dès qu'ils arrivent, ils alignent tout le monde contre les murs, et ils fouillent en hurlant. Ils nous prennent pour les ennemis. L'insécurité, on est les premiers à la subir ! Pour eux, tous les Noirs se ressemblent, tous les Arabes sont pareils. Ils s'excusent même pas quand ils se trompent. Et, en même temps, les armes circulent partout, et personne ne les saisit ! nous, pour un bout de shit, on va au trou, avec une tête au carré à deux heures du matin ! et qui vend les revolvers ? Qui s'occupe de ceux qui vivent de ça ? Tout le monde à le droit d'être protégé. La police doit montrer l'exemple.”

5/ Pas de pouvoir aux crapules. “On est tous protégés par les copains du quartier. Ça fait du bien de les savoir là. C'est comme une deuxième famille : dans nos quartiers, c'est la solidarité avant tout. Certains ont transformé leurs bandes en clans. Ils excluent les autres. Ils se prennent pour des guerriers. Ils savent qu'ils font le mal, et ils aiment ça. A la fin, ils font régner la terreur pour monter leur bizness. Les crapules prennent alors le pouvoir. Sur notre dos. Les crapules, c'est la mort des quartiers.”

6/ Les armes, ça ne protège de rien. Au contraire. “Il y a toujours eu des bagarres dans les cours, les villages ou les cités. Il y a plein de livres et de films qui racontent ça. C'est pas terrible, mais ce n'est pas forcément dramatique. Sauf quand des keums se battent pour une casquette avec des armes. La bagarre se transforme en guerre ouverte. Et toutes les semaines, il y a des jeunes qui meurent de ça. Il faut le dire : celui qui part de chez lui avec une lacrymo, un couteau ou un revolver, même s'il croit que c'est pour se protéger, il va automatiquement sen servir dès qu'il aura un problème. Les armes, ça ne protège de rien, au contraire.”

7/ Les mecs qui frappent les filles sont des impuissants. “Ils parlent de respect et se permettent de toucher une fille ! Certains se disent caïds et sont incapables de parler normalement avec une fille. Il y a des agressions sexuelles dans de nombreux lycées et collèges. C'est incroyable d'avoir à expliquer qu'une fille n'est pas une salope parce qu'elle est fille.”

8/ quand on casse, c’est toujours nous qui payons. “Qui peut respecter qui que ce soit quand les lieux où l'on vit sont sans arrêt salopés, quand la moindre porte est cassée, quand tout ce qui est à nous est systématiquement déglingué ? quand on casse quelque chose dans les quartiers, c'est toujours nous qui payons, jamais celui qui casse. Ça aussi, c'est injuste. A croire qu'on laisse des mecs tout casser pour justifier qu'on nous envoie les flics.”

9/ Il faut savoir contre quoi on se révolte. “Pas les uns contre les autres. Il faut s'organiser, en association, en réseau, en comité de quartier. On a le droit de se regrouper, de se mobiliser contre toute forme d'abus de pouvoir. On a raison de revendiquer. Être rebelle, c'est important, quand on est jeune. Être révolté, c'est être lucide sur le monde injuste dans lequel on vit. Mais, pour avoir une chance de gagner, il faut sen prendre aux responsables, pas à nous ! La violence dans les quartiers, c'est l'injustice pour tout le monde.”

10/ Un échec ? C’est pas pour ça qu’on est victime. “Avoir des échecs, c'est normal. Rien n'est fatal, jamais. Marre d'entendre les mecs gueuler contre la société, le système et ne rien faire pour bouger de là. Que les grands qui sen sont sortis donnent l'exemple et montrent aux petits comment ça marche. Qu'ils aillent dans les écoles, les assos’, les quartiers pour raconter. On peut rêver d'une BMW à 14 ans. Mais dire qu'on est victime, si on n'en a pas, c'est n'avoir rien compris à la vie. La violence, la crapulerie, le racket et le reste, ça se termine toujours mal. Il n'y a pas de bandit heureux.”

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IVG

Conditions à remplir
Vous pouvez demander l'IVG si vous êtes en "situation de détresse".

L'IVG doit être pratiquée avant la fin de la 10ème semaine de grossesse, soit 12 semaines après le début des dernières règles. Vous êtes seule juge de cette situation. Vous pouvez demander à garder l'anonymat.
L'IVG doit être pratiquée dans un hôpital ou une clinique agréée.
Cas particuliers
Si vous êtes étrangère
, vous devez justifier d'au moins trois mois de résidence en France, sauf si vous avez demandé le bénéfice de la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés politiques.
Cas particulier
Si vous êtes mineure
et célibataire, vous devez avoir l'autorisation de l'un de vos parents ou, le cas échéant, de votre représentant légal.
Le consentement de la jeune fille doit être donné en dehors de la présence des parents ou du représentant légal.
Interruption de grossesse pour motif thérapeutique
Elle peut avoir lieu au-delà de dix semaines de grossesse.
Il faut que deux médecins, dont un expert près la cour d'appel ou près la Cour de cassation, attestent que la santé de la mère serait mise en péril grave par la poursuite de la grossesse ou que l'enfant serait atteint d'une maladie reconnue comme incurable.

Démarches
Consulter un médecin

vous devez d'abord consulter un médecin de votre choix le plus tôt possible.
Dans les hôpitaux publics, certains centres d'IVG peuvent vous accueillir pour l'ensemble des démarches, consultations et intervention. Dans tous les cas, vous avez intérêt à fixer le rendez-vous pour l'intervention le plus tôt possible, compte tenu des délais d'attente.
Le médecin doit :
- vous dire, dès le premier rendez-vous, s'il donne suite ou non à la demande d'IVG; en cas de refus, vous pouvez   vous adresser à un autre médecin,
- vous informer des risques encourus,
- vous remettre un dossier guide.
Le dossier guide comprend :
- le rappel des dispositions législatives concernant l'IVG,
- l'énumération des aides aux mères seules et aux familles,
- les possibilités offertes par l'adoption,
- la liste des établissements autorisés à pratiquer l'IVG,
- la liste des centres d'information et de planification, des services en mesure d'assurer l'entretien obligatoire.
L'entretien obligatoire
après la première consultation chez un médecin, une semaine de réflexion est en général obligatoire avant de consulter à nouveau un médecin pour confirmer votre demande.
Au cours de cette semaine, vous devez avoir un entretien avec un conseiller conjugal ou familial, ou un(e) assistant(e) social(e).
Au cours de l'entretien obligatoire, vous recevrez alors :
- des informations sur l'IVG, la contraception, et tout ce que vous jugez bon de demander,
- obligatoirement, une attestation d'entretien.
Deuxième consultation médicale.
Une semaine après la première en règle générale et au plus tôt deux jours après l'entretien.
Vous devez remettre au médecin :
- l'attestation d'entretien,
- une confirmation écrite de votre demande d'interruption de grossesse.
En cas d'urgence, sur décision du médecin, le délai de réflexion d'une semaine peut être ramené à deux jours après l'entretien.

Coût
Coût de l'IVG à l'hôpital public et en clinique privée

Forfait pour une hospitalisation inférieure ou égale à 12 heures.
Sans anesthésie: 902,16 F Avec anesthésie: 1 212,16 F
Forfait pour une hospitalisation de 12 à 24 heures.
Sans anesthésie: 1 087,37 F avec anesthésie: 1 397,37 F
Forfait pour 24 heures supplémentaires
185,18 F.
Remboursement par la Sécurité sociale
L'IVG est remboursée à 80 % par le régime général.
Vous ne paierez que le ticket modérateur.
Aide médicale gratuite
Si vous n'êtes pas assurée sociale et que vos ressources sont insuffisantes, ou si vous ne pouvez pas payer les 20 % restant à votre charge, vous pouvez bénéficier de l'aide médicale gratuite.
Une assistante sociale peut vous aider dans vos démarches.

Où s'adresser pour toute information ?
Pour toute information, adressez-vous :

- à un médecin,
- à un centre d'IVG (Clinique ou Hôpital)
Pour obtenir les adresses des centres de planification ou d'éducation familiale, adressez-vous :
- au Mouvement français pour le planning familial,
- au Centre national d'information des femmes et des familles (CNIDFF).

Adresse Planning familial CNIDFF Mouvement français pour le planning familial
10, rue Vivienne 75002 Paris Tél : 01 42 60 93 20
Centre national d'information des femmes et des familles (CNIDFF)
7, rue du Jura 75013 Paris Tél : 01 42 17 12 34 Minitel : 3615 CNIDFF (2,23 F/mn)

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Phobie sociale : la peur des autres...

A une époque qui érige la performance en valeur suprême et plonge l’individu dans la peur paralysante de ne pas être à la hauteur, la phobie sociale est un trouble de plus en plus répandu. Mais du stress à la pathologie, la frontière est parfois ténue…

Qu’est-ce que la phobie sociale? C’est le trac à la puissance dix qui frappent certains au moment de parler en public. Ou l’angoisse massive qu’ils ressentent en présence de l’autre, redouté comme un juge ou un persécuteur, dès lors qu’il ne fait pas partie des familiers. «Évidemment, avoir la trouille de temps en temps est tout à fait humain, dans le sens où l’absence de peur est un signe pathologique gravissime, précise Jean-Pierre Royol, docteur en psychologie, attaché au Centre hospitalier d’Arles. Mais la peur panique liée aux phobies sociales est plus gênante car invalidante. Plus que de la trouille, il s’agit en effet de véritables angoisses… ».

Définition La phobie sociale se caractérise par une peur constante et intense de situations sociales dans lesquelles le sujet risque d’être observé, jugé ou critiqué par autrui, et en conséquence par leur évitement, même s’il reconnaît le caractère excessif ou irraisonné de sa peur. Si l’anxiété sociale n’empêche pas de vivre normalement, sa forme la plus grave constitue, par contre, une maladie psychologique.

Symptômes repérables Les différents symptômes de la phobie sociale sont : - la peur d’entamer ou de maintenir des conversations, de participer à des petits groupes, de se rendre à des soirées, de s’adresser à des figures d’autorité. - le sentiment d’une grande honte, d’humiliation, lors de tels face-à-face. - une mauvaise estime de soi. - des modes de pensée négatifs. - parfois, la situation redoutée peut déclencher une anxiété qui peut aller jusqu’à l’attaque de panique. Cette dernière se reconnaît dès lors que le sujet présente au moins quatre des symptômes suivants: palpitations ou accélération du rythme cardiaque, transpiration, tremblements, souffle coupé ou sensation d’étouffement, douleur thoracique, nausée, sensation de vertige ou tête vide, sentiment d’irréalité ou dépersonnalisation, peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou, de mourir, engourdissement ou picotements, frissons ou bouffées de chaleur. A noter : l’attaque de panique survient souvent brutalement et peut atteindre son intensité maximale en moins de dix minutes. - chez les enfants, l’anxiété s’exprime par des pleurs, des accès de colère et un repli sur soi.

Évolution L’évitement, ou la souffrance intense provoquée par les situations redoutées, ont des conséquences négatives sur l’activité scolaire, professionnelle ou sociale du sujet, qui «refuse l’obstacle» et fait du surplace. «Les conséquences de la phobie sociale sont le plus souvent: l’échec à répétition et le sentiment insupportable d’être partagé entre le désir et l’interdit, souligne Jean-Pierre Royol. Dans les cas les plus graves, l’angoisse éprouvée au contact des autres peut pousser à l’autodestruction».

Population à risque Les personnes hypersensibles aux frustrations et à tendance dépressive sont prédisposées à la phobie sociale, de même que les grands timides. Avoir grandi dans une famille repliée sur elle-même, peut aussi rendre difficile la gestion de ses émotions en société… Mais personne n’est à l’abri. Cette phobie est, en effet, un des troubles psychiques les plus fréquents et les mieux cachés, car généralement l’on n’en parle pas, et les «phobiques» se croient isolés alors qu’on en dénombre de plus en plus... «Ces symptômes peuvent être éprouvés par tout le monde à un moment donné, car il ne s’agit pas d’une structure psychologique particulière mais d’effets. Le plus difficile à admettre pour le sujet, c’est qu’il est persécuté par lui-même. Nous sommes tous porteurs d’un persécuteur interne plus ou moins sévère, selon notre préparation psychique à la rencontre avec l’autre, c’est-à-dire la différence», explique Jean-Pierre Royol. Ce type de phobie apparaît dès l’adolescence, et parfois plus tôt. Chez les enfants, l’anxiété doit survenir en présence d’autres enfants et pas seulement d’adultes pour caractériser l’affection. Chez les personnes de moins de dix-huit ans, la durée du trouble est d’au moins six mois.

Soins Certains antidépresseurs, en agissant sur la sérotonine, permettent de lever les inhibitions en société. Mais deux traitements de fond s’offrent en pareil cas : - la thérapie comportementale et cognitive qui vise à permettre au patient d’affronter une situation précise et de la dépasser, en la mettant en scène. Pour les comportementalistes, la phobie résulte, en effet, d’une expérience traumatisante (moqueries, mise à l’écart), qui a pu être amplifiée par la réaction démesurée de l’entourage. - la psychothérapie analytique qui peut également donner de très bons résultats. «Plutôt que de traiter le comportement par le comportement - ce qui présente l’inconvénient du pansement sur la jambe de bois (ou sur la langue de bois !)-, une psychothérapie analytique peut essayer de le décoder ou de le traduire en langage puisqu’il a une origine inconsciente, explique Jean-Pierre Royol. Dans ce cas, le travail thérapeutique consiste à rechercher, notamment dans l’enfance, quel contexte familial ou autre, a fait naître cette mauvaise estime de soi.

Yves Jaeglé

en savoir plus : - La peur des autres, trac, timidité et phobies sociales, Christophe André et Patrick Légeron, éd. Odile Jacob (nouvelle édition 2000) - Les phobies, Christophe André, éd. Flammarion (2000) - Les phobies sociales, sous la direction de Thérèse Lemperière, éd. Masson (2000) - Les maladies mentales de l’adulte, Michel Godfryd, éd. Que sais-je, (1994) - Mini DSM-IV, Critères diagnostiques, collectif, éd. Masson (1996) - Dictionnaire de psychiatrie et de psychopathologie, Jacques Postel, éd. Larousse (1998)

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