LE
CONSEILLER CONJUGAL
Qu'est-ce qu'un(e) conseiller conjugal ? La profession n'est pas encore
très connue malgré que nous ayons dans les équipes
des planning familiaux de tels professionnels depuis très longtemps.
Chez nous depuis toujours c'est à dire depuis plus de 25 ans.
Laissons à l'UPCC (Union Professionnelle des Conseillers Conjugaux)
le soin de les présenter.
DÉFINITION
Le
conseiller conjugal assure une fonction clinique d'aide psychologique
en consultations individuelles ou conjugales. Son champ d'intervention
concerne principalement le couple dans sa globalité, dans les
domaines relationnels, affectifs et sexuels: projet de couple, couple
en interrogation, couple en crise ou détruit par la rupture
ou par la mort. Le travail du conseiller conjugal se situe dans un
autre registre que celui de l'agir. Il n'est pas d'apporter des informations
ou une guidance pédagogique, juridique ou financière.
Son travail est d'écouter la réalité de la crise
apportée par les consultants exprimée en termes de plaintes
et de souffrances explicites. Il tentera ensuite au fil des entretiens
de déceler et de cerner les problématiques personnelles
et relationnelles mises en jeu à l'occasion de cette crise.
Cela suppose de la part du conseiller conjugal une écoute attentive
à la fois de l'individu et de son environnement relationnel,
dans un climat de soutien, de confiance et d'accompagnement. L'objectif
poursuivi est de permettre aux consultants de comprendre et de progressivement
dépasser leurs obstacles intérieurs et relationnels.
DÉONTOLOGIE DU CONSEILLER CONJUGAL
En
tant que clinicien, le conseiller conjugal a la responsabilité
première de mettre en place pour les consultants, un cadre,
symbole de son éthique professionnelle, pouvant servir de "
lieu de dépôt " et de contenant. L'établissement
de ce cadre est destiné à aider les consultants à
accéder à leur propre espace intérieur, en développant
leurs capacités d'autonomie dans une perspective dynamique
de moindre souffrance tout en favorisant un travail d'élaboration
psychique. Pour ce faire, il importe de mettre l'accent sur des conditions
essentielles de sécurité et de garantie, sur le plan
éthique et déontologique, qui introduisent des limites
protégeant les consultants comme le conseiller:
a.
Références méthodologiques et compétences
reconnues par un diplôme. L'attitude fondamentale du conseiller
conjugal est fonction de ses choix éthiques et méthodologiques.
Les référents théoriques s'appuient sur les théories
psychanalytiques, rogériennes et systémiques. Le conseiller
conjugal offre une relation d'aide essentiellement verbale, en face
à face. Le titre de conseiller conjugal est reconnu par un
diplôme qu'il obtient après 4 ou 5 années de formation,
de stages et un mémoire.
b.
Formation personnelle, rigueur, exigences de formations continuées.
Comme professionnel de la relation d'aide, le conseiller conjugal
continue de se former sur le plan personnel afin notamment de garder
la distance et la rigueur requises pour le maintien et le développement
de sa compétence. A cet effet, il participe entre autres à
des supervisions individuelles et/ou collectives ainsi qu'à
des échanges avec ses pairs.
c.
Secret professionnel et devoir de discrétion. Ce secret porte
sur tout ce que les consultants confient au conseiller conjugal et
même sur le recours à son aide. Il s'étend au-delà
de la mort de la personne ou de son éloignement. Ces obligations
s'appliquent également vis à vis du partenaire et de
la famille des consultants ainsi que des tiers qui seraient nommés
en consultation. Dans l'intérêt du consultant, le secret
peut être partagé avec d'autres professionnels tenus
au secret. L'anonymat des consultants doit être sauvegardé.
d. Règle d 'abstinence. Le conseiller conjugal a un devoir
de réserve absolu et ne permet pas aux consultants d'accéder
à des réalités de vie personnelles. L'abstinence
fait partie intégrante du cadre de travail.
e. Conditions explicites de lieu, de fréquence, d'honoraires.
Les conditions explicites de lieu, de fréquence, d'honoraires
sont définies clairement avec les consultants. Dès les
entretiens préalables à l'établissement d'un
contrat de travail régulier, le conseiller conjugal informe
la personne qui consulte de tous les aspects relatifs à ces
conditions. Il recevra la personne dans un lieu constant, aux jours
et heures convenus. Le lieu proposé offrira la neutralité,
la discrétion et le calme requis. La fréquence est décidée
en commun, tenant compte de la demande, de la situation et des possibilités
pratiques de chacun. Pour favoriser la prise en charge des consultants
par eux-mêmes, les honoraires sont fixés en fonction
des particularités inhérentes à leur situation,
qu'elles soient économiques ou autres. Les conseillers conjugaux
travaillant dans les Centres de Planning respectent les exigences
de l'Autorité publique. Tous ces aspects ont valeur contractuelle.
LE CONTENU DU TRAVAIL
Le
conseiller conjugal procède d'abord à un travail d'écoute
sur la motivation et la demande. Il vise ensuite à établir
un cadre qui sert d'étayage, avant d'envisager le type de travail
thérapeutique à entreprendre ensemble. Le conseiller
conjugal est attentif tant à la demande implicite qu'à
la demande explicite. Il la reformule éventuellement tout en
veillant à ne pas précéder les consultants dans
les prises de conscience et les décisions qui lui appartiennent.
Dans la consultation de conseil conjugal, les demandes adressées
en période de crise sont majoritaires. La crise apportée
lors des premiers entretiens peut occuper tout l'espace et différera,
dans un premier temps, l'analyse en profondeur et la possibilité
de remise en cause personnelle. Peu à peu, les consultants,
accompagnés par le conseiller conjugal, sortiront de l'enfermement
de cette crise et seront prêts à faire le constat qu'ils
y contribuent malgré eux. Une autre demande peut être
faite en consultation conjugale, celle de comprendre et de découvrir
ce qui se passe en soi et/ou dans son couple, dans un souci de mieux
être. Les personnes seules ou en couple, motivées pour
entreprendre ce travail tenteront d'éclairer les causes et
effets des difficultés internes externalisées, de regarder
et de comprendre les symptômes exprimant un déséquilibre
personnel et/ou dans le couple. La consultation conjugale constitue
un lieu contenant, un espace personnel où se penser et penser
la crise. Elle permet de la mettre en mots, d'y donner sens et de
l'assumer en devenant capable de choix. Dans ce travail, le conseiller
conjugal s'appuie sur les ressources des consultants et le matériel
qu'ils apportent tant sur le plan psychologique que sociologique.
LE
CURSUS DE FORMATION
Travail
psychologique et conseil conjugal Dans un premier temps, la qualité
de la formation du conseiller conjugal est garantie par des exigences
d'acceptation des candidats dans les écoles. Le deuxième
temps est la mise en évidence du continuum de la formation,
dispensée tout au long de quatre à cinq années
théoriques et de stages, par un travail intense, collectif
et personnel, exigé de chaque étudiant. Ce travail se
termine par un mémoire ayant valeur d'intégration et
d'élaboration de la formation reçue. Il s'agit d'une
formation supérieure qui est à évaluer avec la
même rigueur que d'autres formations professionnelles supérieures
et qui confère toute la pratique indispensable à un
travail de qualité. Dans le troisième temps, le cursus
de formation personnelle et continuée reste prioritaire et
constant. C'est sur le terrain clinique, soutenu par des supervisions
individuelles et/ou collectives, que se poursuit un travail psychologique
sur soi, qui peaufinera l'expérience professionnelle des conseillers
conjugaux.

Marlyse Tschui
Le divorce est rarement le fruit d'une décision mutuelle. En
général, l'un des conjoints se retrouve dans le rôle
du largueur et l'autre dans celui du largué. Ce dernier se
sent trahi, incompris, plein de colère et de rancur.
"C'est lui qui a voulu le divorce, alors il va me le payer !"
Cette phrase, qu'entendent à tout bout de champ les avocats,
est annonciatrice de conflits longs et éprouvants, dont les
principales victimes seront les enfants. Pour éviter que la
vie de chacun ne soit empoisonnée par la guérilla postconjugale,
les professionnels des secteurs juridique, psychologique et social
ont mis en place des services de médiation familiale visant
à aider le couple à gérer ses litiges. Au départ,
l'objectif était de parvenir à un règlement à
l'amiable de questions purement pratiques comme la garde des enfants
ou la répartition des biens. Mais les médiateurs se
sont vite rendu compte qu'un tel accompagnement ne pouvait porter
ses fruits qu'en rétablissant le dialogue entre les partenaires.
Les
dix étapes du divorce
Dans son ouvrage "The Process of Divorce", Ibrahim Azmy
a mis en évidence dix étapes émotionnelles liées
au processus du divorce :
Menace de séparation :
"Si rien ne change, je vais te quitter."
Séparation
: l'un sen va.
Déni : "Il me quitte,
c'est impossible !"
Choc : confrontation à
la réalité, par ex. en recevant la lettre de l'avocat.
Colère.
Marchandage : règlement
de comptes, au propre et au figuré.
Dépression.
Isolement, repli sur soi : "Je
ne veux plus voir personne !"
Acceptation : élaboration
du deuil de la relation.
Reprise de la vie sociale.
"Pour
régler les problèmes, explique Jocelyne Dahan,
il est important de comprendre ce qui s'est passé. On ne peut
pas faire fi des émotions. C'est pourquoi nous avons élargi
notre champ d'intervention en proposant aux conjoints de procéder
préalablement à un bilan conjugal qui leur permet de
recadrer leur histoire. Nous constatons fréquemment un décalage
de la communication dans le couple. Le médiateur se retrouve
face à deux individus qui racontent une histoire différente.
Notre rôle est de les aider à reformuler ce qui leur
arrive, et de nous assurer que chacun a compris le message de l'autre.
Avant de penser à la séparation, l'instigateur de la
rupture a lancé des signaux d'alarme sur le dysfonctionnement
du couple, que l'autre a refusé d'entendre. Celui qui décide
de partir a déjà accompli un long processus: il est
passé par les étapes d'élaboration du deuil,
alors que son conjoint ne fait que les aborder. D'où le décalage:
quand l'un veut se séparer, l'autre cherche à se réconcilier.
Il est très important de faire comprendre à celui qui
se considère comme une victime que celui qui est parti est
passé par les mêmes souffrances que lui, mais à
un autre moment."
Déni, sentiment d'injustice, déception, colère,
peur, doute, amertume, culpabilité, tristesse et solitude se
vivent, selon les protagonistes, avant ou après la séparation.
Elle ne tient pas la route, l'image simpliste de la pauvre victime
aimante qu'abandonne froidement le "méchant", seul
responsable du divorce.
Psychothérapeute et spécialiste des questions conjugales,
Bruce Fisher fait cette constatation: "Celui qui veut sen aller
affirme avoir essayé de résoudre le problème
et qu'il pensait partir depuis des mois, voire des années.
Son partenaire est resté sourd à ses remarques. Peut-être
niait-il l'existence du problème avant la rupture. Lorsque
c'est chose faite, il s'obstine en refusant d'accepter la réalité:
Nous étions si heureux ensemble..."
Selon Bruce Fisher, il existe un scénario type de la rupture,
et les protagonistes s'y expriment pratiquent toujours dans les mêmes
termes:
"J'ai besoin de temps et d'espace pour mettre de l'ordre
dans mes idées et il faut que l'on se sépare pour cela.
(...) Tout ce que je sais, c'est qu'il faut que je parte. Je men veux
de te faire souffrir, mais il n'y a rien que je puisse faire, parce
que si nous restons ensemble, tu souffriras aussi. Acceptes-tu que
nous restions amis?"
"Ne me laisse pas! Pourquoi ne m'aimes-tu pas? Dis-moi
en quoi je suis fautif et je changerai. Il doit certainement y avoir
quelque chose que je peux faire. Dis-moi quoi. Je pensais que nous
formions un bon couple et je ne comprends pas pourquoi tu souhaites
me quitter. (...) Je t'aime. Ne me quitte pas."
"J'ai souvent essayé de te dire que j'étais
malheureux et que nous devions changer quelque chose. Mais tu ne m'écoutais
pas. J'ai tout essayé. (...) Tu t'accroches à moi et
je veux simplement que nous restions amis."
Dans le cadre d'une médiation, les partenaires sont invités
à dresser un bilan personnel, professionnel, conjugal et parental.
Il s'agit de passer en revue aussi bien l'histoire du couple que les
attentes, les représentations et les frustrations de chacun,
ainsi que la place de l'un et de l'autre auprès des enfants.
"Un tel bilan, commente Jocelyne ahan, permet de voir si la décision
de divorcer est irrévocable. Si c'est le cas, nous entreprenons
la gestion de la séparation qui aboutira en principe à
un protocole d'accord utilisable dans le cadre juridique. Mais si
les deux partenaires s'interrogent encore sur le bien-fondé
de la rupture, nous leur proposons de recourir à une thérapie
conjugale qui leur permettra d'y voir plus clair et de repartir éventuellement
sur une nouvelle base. Ce sera peut-être l'occasion pour eux
de comprendre que les crises sont normales et nécessaires,
et qu'elles offrent la possibilité de réaménager
la vie du couple en se mettant d'accord sur ce qu'on partage et sur
la manière de le partager, tout en gardant un jardin secret
pour chacun." A noter qu'après avoir effectué un
bilan conjugal, deux couples sur dix renoncent à divorcer.
Entre la poursuite de la vie commune et le divorce, il existe une
voie médiane: la séparation-réflexion, qui permet
de reporter la décision définitive et de prendre la
distance nécessaire à l'élaboration d'une nouvelle
relation, sans défaire pour autant le lien conjugal. Cela implique
de la part des conjoints une bonne dose de maturité et de confiance,
ainsi que la volonté de regarder en face ses propres responsabilités
dans les difficultés du couple. Bruce Fisher observe que cette
solution transitoire, proposée majoritairement par les femmes,
est volontiers envisagée par les maris attentionnés,
à l'esprit souple et ouvert, mais que les hommes peu enclins
aux compromis et au changement refusent d'envisager une telle perspective
et préfèrent la rupture définitive à une
séparation.
Certains couples ne souhaitent pas passer par l'intervention d'un
tiers pour régler leurs affaires privées. Pourquoi ne
procéderaient-ils pas à un bilan conjugal en tête-à-tête?
"Cela me paraît difficilement envisageable, déclare
Jocelyne ahan, sauf dans les rares cas où les deux partenaires
sont favorables à une séparation. Quand l'un des deux
a décidé de partir et que l'autre s'y oppose, le couple
est encore trop ancré dans la souffrance. Il ne pourra pas,
en discutant, se libérer des émotions et des affects:
la gestion de la rupture restera uniquement émotionnelle. Si
les souffrances n'ont pas pu s'exprimer, elles vont se cristalliser
autour des questions d'argent et des relations avec les enfants, donnant
lieu à des conflits qui pourront durer des années. Il
est logique de vouloir régler tout seul sa séparation.
Mais c'est souvent trop difficile. C'est pourquoi, à mon avis,
une réforme idéale du divorce consisterait à
permettre à toutes les familles d'avoir accès à
la médiation. Quant aux parents qui ne veulent pas en entendre
parler, je n'ai qu'un conseil important à leur donner: qu'ils
ne mêlent en aucun cas les enfants à leurs controverses.
S'ils ont à discuter, qu'ils ne le fassent pas à la
maison, en présence des enfants, mais à l'extérieur,
au bistrot s'il le faut..."
PRENDRE
SOIN ET VIOLENCE
Introduction à quelques questions fondamentales
(approche philosophique)
INTRODUCTION
: POURQUOI LA VIOLENCE ?
Le règne du déni de la violence vécue
Toute une série de facteurs laissent à penser que la
culture occidentale pratique, à légard de la violence
ressentie ou vécue, un déni radical. Prenons un exemple
pour comprendre comment se manifeste ce déni. Nous appellerons
" personne chargée de prendre soin ", ou " aidant
", un médecin, un psychiatre, un juge, un professeur ou
instituteur, etc. et " patient " lélève,
la personne âgée, le justiciable, le patient dans une
institution hospitalière, etc. Imaginons donc une personne
chargée de " prendre soin " qui se trouve face à
un " patient " (peu importe lâge de ce dernier)
qui fait tout pour se rendre détestable : il injurie la personne
chargée de laider, il lui crache dessus, etc. Si laidant
est dune constitution " normale ", que va-t-il se
passer ? Après un certain temps, la patience ayant des limites,
il sentira la tension monter en lui, il pensera quune bonne
gifle ferait du bien à ce " grossier personnage ",
mais ne pouvant le gifler, il voudrait au moins le secouer, lui crier
darrêter. Finalement il mettra un terme à lentretien
: " Allez, disparais de ma vue ! ". Si laidant est
de constitution " normale ", il est évident quil
nétranglera pas son " patient ", tout comme
il ne la pas giflé : il ne passera pas à lacte.
Mais comme il est toujours de constitution normale, il se culpabilisera
sans doute davoir eu de telles pensées, de sêtre
laissé emporter... ne fût-ce quintérieurement
: il sest révélé perméable au mal.
Pourquoi donc les sentiments de colère, dagressivité,
de violence sont-ils ressentis comme " mauvais ", alors
que les circonstances les rendent parfois compréhensibles ?
Pourquoi sinon parce quon nous a appris, dès notre plus
jeune âge, quon ne peut pas " faire des colères
", dire des gros mots, se fâcher, faire le mal ni même
le vouloir. Tous ces gestes, et les sentiments qui les accompagnent,
notre éducation nous a appris à les intérioriser,
à les museler. Sinon cest la punition, sinon on est déclaré
" méchant " au risque, par conséquent, de
nêtre plus aimé (par ses parents). Le déni
de la violence vécue ou ressentie nest rien dautre
que cela : ne rien montrer, tout garder pour soi. Ou se sentir coupable
si on " craque ".
Notons au passage que cest tout le contexte culturel qui soutient
et valide ce type déducation : lidéologie
sociale, véhiculée notamment par les messages de prévention,
laisse entendre, lorsque ces messages concernent la violence, quil
faut tout faire pour en éviter les manifestations. La violence
peut être évitée, sous-entendu : la violence est
mauvaise, elle ne doit pas sexprimer. La philosophie politique
nous apprend aussi que linstitution de lEtat saccompagne
nécessairement dune gestion de la violence : seul lEtat
conserve le monopole de la force et de la violence, toutes les autres
formes de violence devenant de facto illégales, illégitimes,
hors-la-loi, donc mauvaises. Enfin, dernier exemple, lhistoire
nous apprend que depuis la Renaissance, les murs des sociétés
occidentales ont évolué vers ce que lon appelle
une " intériorisation des murs", cest-à-dire
de tous nos sentiments, et pas seulement ceux liés à
la violence (cfr à ce propos Lexil intérieur de
R. Jaccard). Aujourdhui, être un homme ou un enfant "
normal ", cest être une personne étrangère
à toute forme de violence.
Notons enfin, pour faire face à une fausse objection, que la
débauche de violence à la télévision reste
une violence-spectacle, cest-à-dire une violence qui
nous laisse passifs. Elle est donc à lantipode de la
violence vécue et ressentie. On pourrait même aller plus
loin et dire que la surabondance de spectacles violents aurait pour
effet non pas de nous exciter mais de nous accoutumer à la
passivité du spectateur. Deux conséquences découlent
de ce qui vient dêtre dit : dune part, on se trompe
lorsquon accuse la télévision dinciter à
la violence. Je pense que cest tout le contraire quil
faut dire : elle nous accoutume à nêtre jamais
que des spectateurs passifs de la violence. Ainsi regardons-nous un
film tout comme nous regarderons ultérieurement un accident
de la route ou tout comme nous serons le témoin pétrifié
dune agression. Deuxièmement, quil y ait un goût
pour les effusions de sang au cinéma ou à la télévision
témoigne, à mon sens, en faveur du règne du déni
: plus le déni de la violence vécue ou exprimée
sera grand, et plus notre goût du morbide sera accru et devra
trouver des exutoires : le spectacle de la violence est de ceux-là.
Que nous soyons aujourdhui dans une attitude passive et de déni,
deux faits parmi dautres en témoigneront : comment comprendre
que dans les salles de cinéma notamment, les spectateurs restent
impassibles face à des scènes " excitantes "
? Ensuite, qui parmi ces spectateurs, cest-à-dire qui
parmi nous supporterait sereinement dégorger réellement
un poulet ? Très peu à mon sens. Aussi, toutes ces remarques
mises ensemble, on peut penser avec prudence que plus on accusera
la télévision dinciter à la violence, plus
on suscitera la curiosité des téléspectateurs,
plus on les accoutumera à de tels spectacles et plus on les
" anesthésiera ".
Par ailleurs, de ce que certains en viennent à exprimer leur
violence en sinspirant clairement de tel ou tel " héros
", on ne peut en conclure quune seule chose : la télévision
les inspire dans la manière dexprimer leur violence.
Mais cela étant dit, il reste à se demander pourquoi
ces gens éprouvent le besoin de faire ressortir leur agressivité.
En tout cas, si cest du côté des films quils
sinspirent pour faire ressortir leur violence, cela ne signifie-t-il
pas, une fois encore, que cest parce quils ne trouvent
pas ailleurs des modèles, et cela parce que notre société
pratique le déni de la violence vécue ?
Et pourtant
la violence est bien là !
Sans doute pratiquons-nous le déni à légard
de la violence, il nempêche que la violence est bien là,
présente au cur de nos cités, de nos institutions
ou des familles. On ne peut donc pas se contenter daffirmer
que la violence est déniée. Le phénomène
est sans doute plus complexe. Afin de comprendre la spécificité
de la violence contemporaine en période de déni, il
convient donc de prendre du recul pour nous demander : dune
façon générale, quand donc observe-t-on lapparition
dun comportement violent, que ce soit chez un tout jeune enfant
ou chez un adulte ?
La violence est rarement spontanée. En règle générale,
une personne a un comportement violent lorsquelle est privée
de quelque chose, lorsquelle doit renoncer à la réalisation
dun de ses désirs. Par exemple, un jeune enfant à
qui on refuse une friandise de plus risque fort de piquer une colère,
ou à tout le moins dexprimer son mécontentement.
Laîné dune famille aura des désirs
de mort pour le petit frère ou la petite sur qui vient
de rentrer de maternité, parce que, à cause de ce dernier,
il perd sa place privilégiée denfant unique et
craint dêtre privé de lamour de ses parents.
De la même façon, toutes les obligations imposées
aux enfants peuvent être vécues par eux comme une perte
dautonomie ou comme une contrariété par rapport
à leurs désirs : les enfants sopposeront plus
ou moins violemment à la demande ou sy plieront mais
alors en " râlant ". Lobligation scolaire peut
être ressentie comme lune de ces contraintes ou lon
doit renoncer à sa liberté, à son désir
de rester près de maman, etc.
Toutes ces situations, qui engendrent de la colère voire de
la violence, ont ceci en commun quelles imposent à chaque
fois un renoncement, une frustration, une perte. De telles situations
portent un nom : le deuil. Si je mintéresse au deuil
en tant que philosophe, cest parce quà mon avis,
le deuil relève davantage dune anthropologie philosophique
que dune simple psychologie. Le deuil est à proprement
parler une dimension propre à la nature humaine (qui na
rien à voir avec la tristesse, puisque des deuils peuvent saccomplir
dans la joie ou la débauche de certaines fêtes). Il convient
donc de parler du deuil comme certains parlent de la liberté
ou de la conscience lorsquil sagit de définir ce
que lon appelle en philosophie lessence de lhomme,
cest-à-dire sa véritable nature. Toutefois, une
présentation classique du deuil nous suffira pour dégager
lune ou lautre question fondamentale quant à la
problématique de la violence.
Le deuil est avant tout un processus au cours duquel on en vient à
se détacher de quelque chose ou de quelquun que lon
va perdre. En tant que processus, le deuil se présente comme
un cheminement en plusieurs étapes possibles. Ces étapes
sont facultatives : on ne doit pas nécessairement passer par
toutes les étapes pour réaliser son deuil. On peut toutefois
distinguer, au maximum, six étapes. Je les rappelle : le choc
(lorsque je suis confronté à une perte, à une
frustration, etc.), le déni (je nie la perte), la colère
(cest létape qui nous intéresse directement),
la dépression (repli sur soi-même), le marchandage (je
négocie la perte en échange de quelque chose) et enfin
lacceptation. Lenjeu dun tel processus est clair
: soit je me replie dans limaginaire (je naccepte pas
de devoir renoncer ... par exemple à être tout-puissant
ou à vivre les autres comme le prolongement de moi-même)
soit jaccepte et jassume la réalité (je
ne peux pas faire tout ce que je veux, tout ne mest pas dû,
etc.). Cest ce que Descartes avait déjà vu lorsquil
se demandait sil valait mieux changer ses désirs ou bien
lordre du monde.
En quoi consiste la violence comme étape du deuil ? Afin de
ne pas devoir renoncer, je vais essayer de supprimer le réel
qui me dérange. Revenons un instant à lexemple
pris tout à lheure : le " patient " qui minsupporte,
je veux le voir disparaître. Cette disparition souhaitée
correspond à la phase de colère dans le deuil. Car de
quoi est-il question ici, sinon se retrouver face à quelquun
qui met en échec mon désir de toute-puissance de celui
qui vit le patient en difficulté comme son propre prolongement,
celui en lequel sa générosité débordante
va venir sépandre ? Le " patient " insupportable
met en échec tout cet imaginaire. Alors, plutôt que de
vouloir renoncer à nos rêves (deuil), nous désirons
secrètement supprimer le réel si dérangeant.
Ainsi pourrons-nous continuer à croire à nos illusions.
Or, et cest là tout le problème, nous pratiquons
le déni face à la violence. Toute violence doit être
tue. Le violent sera réprimé, sanctionné. Il
devra nier ses sentiments, nier ce quil ressent, se mentir à
lui-même. Que résulte-t-il alors de ce déni ?
Premièrement, le processus du deuil sera bloqué à
la phase de colère. Celle-ci nayant pu sexprimer,
sextérioriser, lacceptation naura jamais
lieu. Si tout le monde néprouve pas le besoin de se mettre
en colère dans une situation de deuil donnée, il est
vrai, par contre, que toute personne qui doit passer par cette phase,
si elle ne peut pas la vivre, ne passera pas à une phase ultérieure.
Deuxièmement, et cest là quon observe leffet
pathogène du déni de la violence : la violence refoulée
va ressortir en différé, le plus souvent sous forme
non gérable et destructrice, à loccasion de contextes
similaires au premier deuil. Par exemple, un enfant qui est confronté
à des frustrations importantes dans son milieu familial trouvera
dans lécole un contexte plus ou moins semblable (linstituteur
comme substitut des parents) où se défouler. Enfin,
si la violence ne trouve pas à sexprimer à lextérieur,
la violence refoulée se retournera contre soi (culpabilité,
angoisses, maladies, décrochage scolaire, autisme, suicide,
etc.).
Deux cas fréquents doivent être évoqués
ici, cas qui sinscrivent généralement à
lintérieur de la problématique du deuil mais en
accentuant davantage le caractère pathogène du déni
de la violence. Le premier de ces cas concerne un " patient "
étouffé par les personnes chargées de prendre
soin de lui, que celles-ci soient débordantes damour
ou au contraire trop autoritaires. Il arrive que le patient, pour
trouver une place à lui où respirer, se réfugie
dans la violence. Car le caractère " hors-la-loi "
de la violence lui garantit que là au moins, les personnes
qui laident ne le suivront pas : dans la violence, il aura enfin
un territoire à lui, il pourra enfin vivre par lui-même.
Deuxième cas de figure : un " patient " qui se trouve
en présence de personnes chargées de prendre soin de
lui, qui estiment quimposer des limites, cest imposer
des frustrations. Soucieux de lépanouissement de leur
" patient ", ces aidants refusent dassumer leur autorité
quils identifient sans autre forme de procès à
de la violence (or, la violence étant " mauvaise "...)
: ils laissent tout faire. Le comportement qui en résulte peut
alors être le suivant : le " patient " cherchera par
une conduite faite de transgressions de plus en plus graves quelquun
qui lui opposera enfin un " non " ferme. Ce nest quà
labri de certaines limites clairement définies quun
patient peut se sentir en sécurité, respecté
et " pris en charge ".
Les
violences faites aux femmes
1/
Ça peut plus durer comme ça. Nous,
on dit : ça suffit comme ça. Il y a des crapules dans
les quartiers, comme partout. Trop de violence. Agressions, bagarres,
armes à feu, viols... Les victimes, c'est toujours nous, mais
quand les télés en parlent, c'est pour nous traiter
en coupables. On ne nous écoute plus, on nous condamne. On
veut pouvoir vivre en paix. Circuler sans avoir peur. Le droit d'étudier
sans crainte. On n'a rien de tout ça. La première des
injustices, c'est ça.
2/ Respect ? On se parle sur un autre ton.
L'agression, ça peut commencer par un regard. Mais c'est
surtout les mots. Certains s'amusent à provoquer, et utilisent
des mots qui poussent à la guerre. C'est vrai, tout le monde
peut péter les plombs. Ça arrive. Mais ce langage de
défi ! cette manie d'afficher sa force sur l'autre, en permanence,
ça chauffe les esprits. Il faut se parler normalement, garder
le contrôle. Certains disent : faut être respecté.
Nous, on dit : «Si tu veux le respect, commence par respecter
les autres».
3/ Pas besoin de sa bande pour se parler.
C'est quoi, cette manie d'aller toujours chercher sa bande dès
qu'il y a un malaise ? Règle numéro 1 : si t'as un problème,
tu viens me le dire. Dès qu'on se parle franchement, on commence
à se connaître. Tout peut se résoudre en se parlant.
Mais, avec une bande, pas de dialogue possible. C'est le plus chaud
qui gagne. Résultat : la guerre. Pour rien.
4/ Rendre la justice, ça devrait être merveilleux
!
Quand on était tout petit, on rêvait tous de devenir
policier. Certains nous parlent normalement. Ils connaissent le quartier,
savent nous serrer la main et dire bonjour quand on se croise. La
plupart, dès qu'ils arrivent, ils alignent tout le monde contre
les murs, et ils fouillent en hurlant. Ils nous prennent pour les
ennemis. L'insécurité, on est les premiers à
la subir ! Pour eux, tous les Noirs se ressemblent, tous les Arabes
sont pareils. Ils s'excusent même pas quand ils se trompent.
Et, en même temps, les armes circulent partout, et personne
ne les saisit ! nous, pour un bout de shit, on va au trou, avec une
tête au carré à deux heures du matin ! et qui
vend les revolvers ? Qui s'occupe de ceux qui vivent de ça
? Tout le monde à le droit d'être protégé.
La police doit montrer l'exemple.
5/ Pas de pouvoir aux crapules.
On est tous protégés par les copains du quartier.
Ça fait du bien de les savoir là. C'est comme une deuxième
famille : dans nos quartiers, c'est la solidarité avant tout.
Certains ont transformé leurs bandes en clans. Ils excluent
les autres. Ils se prennent pour des guerriers. Ils savent qu'ils
font le mal, et ils aiment ça. A la fin, ils font régner
la terreur pour monter leur bizness. Les crapules prennent alors le
pouvoir. Sur notre dos. Les crapules, c'est la mort des quartiers.
6/ Les armes, ça ne protège de rien. Au contraire.
Il y a toujours eu des bagarres dans les cours, les villages
ou les cités. Il y a plein de livres et de films qui racontent
ça. C'est pas terrible, mais ce n'est pas forcément
dramatique. Sauf quand des keums se battent pour une casquette avec
des armes. La bagarre se transforme en guerre ouverte. Et toutes les
semaines, il y a des jeunes qui meurent de ça. Il faut le dire
: celui qui part de chez lui avec une lacrymo, un couteau ou un revolver,
même s'il croit que c'est pour se protéger, il va automatiquement
sen servir dès qu'il aura un problème. Les armes, ça
ne protège de rien, au contraire.
7/ Les mecs qui frappent les filles sont des impuissants.
Ils parlent de respect et se permettent
de toucher une fille ! Certains se disent caïds et sont incapables
de parler normalement avec une fille. Il y a des agressions sexuelles
dans de nombreux lycées et collèges. C'est incroyable
d'avoir à expliquer qu'une fille n'est pas une salope parce
qu'elle est fille.
8/ quand on casse, cest toujours nous qui payons.
Qui peut respecter qui que ce soit quand les lieux où
l'on vit sont sans arrêt salopés, quand la moindre porte
est cassée, quand tout ce qui est à nous est systématiquement
déglingué ? quand on casse quelque chose dans les quartiers,
c'est toujours nous qui payons, jamais celui qui casse. Ça
aussi, c'est injuste. A croire qu'on laisse des mecs tout casser pour
justifier qu'on nous envoie les flics.
9/ Il faut savoir contre quoi on se révolte.
Pas les uns contre les autres. Il faut s'organiser, en association,
en réseau, en comité de quartier. On a le droit de se
regrouper, de se mobiliser contre toute forme d'abus de pouvoir. On
a raison de revendiquer. Être rebelle, c'est important, quand
on est jeune. Être révolté, c'est être lucide
sur le monde injuste dans lequel on vit. Mais, pour avoir une chance
de gagner, il faut sen prendre aux responsables, pas à nous
! La violence dans les quartiers, c'est l'injustice pour tout le monde.
10/ Un échec ? Cest pas pour ça
quon est victime. Avoir des
échecs, c'est normal. Rien n'est fatal, jamais. Marre d'entendre
les mecs gueuler contre la société, le système
et ne rien faire pour bouger de là. Que les grands qui sen
sont sortis donnent l'exemple et montrent aux petits comment ça
marche. Qu'ils aillent dans les écoles, les assos, les
quartiers pour raconter. On peut rêver d'une BMW à 14
ans. Mais dire qu'on est victime, si on n'en a pas, c'est n'avoir
rien compris à la vie. La violence, la crapulerie, le racket
et le reste, ça se termine toujours mal. Il n'y a pas de bandit
heureux.

IVG
Conditions
à remplir
Vous pouvez demander l'IVG si vous êtes en "situation de
détresse".
L'IVG doit être pratiquée avant la fin de la 10ème
semaine de grossesse, soit 12 semaines après le début
des dernières règles. Vous êtes seule juge de
cette situation. Vous pouvez demander à garder l'anonymat.
L'IVG doit être pratiquée dans un hôpital ou une
clinique agréée.
Cas
particuliers
Si vous êtes étrangère,
vous devez justifier d'au moins trois mois de résidence en
France, sauf si vous avez demandé le bénéfice
de la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut
des réfugiés politiques.
Cas particulier
Si vous
êtes mineure
et célibataire, vous devez avoir l'autorisation de l'un de
vos parents ou, le cas échéant, de votre représentant
légal.
Le consentement de la jeune fille doit être donné en
dehors de la présence des parents ou du représentant
légal.
Interruption
de grossesse pour motif thérapeutique
Elle peut avoir lieu au-delà de dix semaines de grossesse.
Il faut que deux médecins, dont un expert près la cour
d'appel ou près la Cour de cassation, attestent que la santé
de la mère serait mise en péril grave par la poursuite
de la grossesse ou que l'enfant serait atteint d'une maladie reconnue
comme incurable.
Démarches
Consulter un médecin
vous devez d'abord consulter un médecin de votre choix le plus
tôt possible.
Dans les hôpitaux publics, certains centres d'IVG peuvent vous
accueillir pour l'ensemble des démarches, consultations et
intervention. Dans tous les cas, vous avez intérêt à
fixer le rendez-vous pour l'intervention le plus tôt possible,
compte tenu des délais d'attente.
Le médecin
doit :
- vous dire, dès le premier rendez-vous, s'il donne suite ou
non à la demande d'IVG; en cas de refus, vous pouvez vous
adresser à un autre médecin,
- vous informer des risques encourus,
- vous remettre un dossier guide.
Le dossier
guide comprend :
- le rappel des dispositions législatives concernant l'IVG,
- l'énumération des aides aux mères seules et
aux familles,
- les possibilités offertes par l'adoption,
- la liste des établissements autorisés à pratiquer
l'IVG,
- la liste des centres d'information et de planification, des services
en mesure d'assurer l'entretien obligatoire.
L'entretien
obligatoire
après la première consultation chez un médecin,
une semaine de réflexion est en général obligatoire
avant de consulter à nouveau un médecin pour confirmer
votre demande.
Au cours de cette semaine, vous devez avoir un entretien avec un conseiller
conjugal ou familial, ou un(e) assistant(e) social(e).
Au cours
de l'entretien obligatoire, vous recevrez alors :
- des informations sur l'IVG, la contraception, et tout ce que vous
jugez bon de demander,
- obligatoirement, une attestation d'entretien.
Deuxième consultation médicale.
Une semaine après la première en règle générale
et au plus tôt deux jours après l'entretien.
Vous
devez remettre au médecin :
- l'attestation d'entretien,
- une confirmation écrite de votre demande d'interruption de
grossesse.
En cas d'urgence, sur décision du médecin, le délai
de réflexion d'une semaine peut être ramené à
deux jours après l'entretien.
Coût
Coût de l'IVG à l'hôpital public et en clinique
privée
Forfait pour une hospitalisation inférieure ou égale
à 12 heures.
Sans anesthésie: 902,16 F Avec anesthésie: 1 212,16
F
Forfait pour une hospitalisation de 12 à 24 heures.
Sans anesthésie: 1 087,37 F avec anesthésie: 1 397,37
F
Forfait
pour 24 heures supplémentaires
185,18 F.
Remboursement par la Sécurité sociale
L'IVG est remboursée à 80 % par le régime général.
Vous ne paierez que le ticket modérateur.
Aide
médicale gratuite
Si vous n'êtes pas assurée sociale et que vos ressources
sont insuffisantes, ou si vous ne pouvez pas payer les 20 % restant
à votre charge, vous pouvez bénéficier de l'aide
médicale gratuite.
Une assistante sociale peut vous aider dans vos démarches.
Où
s'adresser pour toute information ?
Pour toute information, adressez-vous :
- à un médecin,
- à un centre d'IVG (Clinique ou Hôpital)
Pour
obtenir les adresses des centres de planification ou d'éducation
familiale,
adressez-vous :
- au Mouvement français pour le planning familial,
- au Centre national d'information des femmes et des familles (CNIDFF).
Adresse
Planning familial CNIDFF
Mouvement français pour le planning familial
10, rue Vivienne 75002 Paris Tél : 01 42 60 93 20
Centre
national d'information des femmes et des familles (CNIDFF)
7,
rue du Jura 75013 Paris Tél : 01 42 17 12 34 Minitel : 3615
CNIDFF (2,23 F/mn)

Phobie
sociale : la peur des autres...
A une époque
qui érige la performance en valeur suprême et plonge
lindividu dans la peur paralysante de ne pas être à
la hauteur, la phobie sociale est un trouble de plus en plus répandu.
Mais du stress à la pathologie, la frontière est parfois
ténue
Quest-ce que la phobie sociale? Cest le trac à
la puissance dix qui frappent certains au moment de parler en public.
Ou langoisse massive quils ressentent en présence
de lautre, redouté comme un juge ou un persécuteur,
dès lors quil ne fait pas partie des familiers. «Évidemment,
avoir la trouille de temps en temps est tout à fait humain,
dans le sens où labsence de peur est un signe pathologique
gravissime, précise Jean-Pierre Royol, docteur en psychologie,
attaché au Centre hospitalier dArles. Mais la peur panique
liée aux phobies sociales est plus gênante car invalidante.
Plus que de la trouille, il sagit en effet de véritables
angoisses
».
Définition
La phobie sociale se caractérise par une peur constante et
intense de situations sociales dans lesquelles le sujet risque dêtre
observé, jugé ou critiqué par autrui, et en conséquence
par leur évitement, même sil reconnaît le
caractère excessif ou irraisonné de sa peur. Si lanxiété
sociale nempêche pas de vivre normalement, sa forme la
plus grave constitue, par contre, une maladie psychologique.
Symptômes
repérables
Les différents symptômes de la phobie sociale sont :
- la peur dentamer ou de maintenir des conversations, de participer
à des petits groupes, de se rendre à des soirées,
de sadresser à des figures dautorité. -
le sentiment dune grande honte, dhumiliation, lors de
tels face-à-face. - une mauvaise estime de soi. - des modes
de pensée négatifs. - parfois, la situation redoutée
peut déclencher une anxiété qui peut aller jusquà
lattaque de panique. Cette dernière se reconnaît
dès lors que le sujet présente au moins quatre des symptômes
suivants: palpitations ou accélération du rythme cardiaque,
transpiration, tremblements, souffle coupé ou sensation détouffement,
douleur thoracique, nausée, sensation de vertige ou tête
vide, sentiment dirréalité ou dépersonnalisation,
peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou, de mourir,
engourdissement ou picotements, frissons ou bouffées de chaleur.
A noter : lattaque de panique survient souvent brutalement et
peut atteindre son intensité maximale en moins de dix minutes.
- chez les enfants, lanxiété sexprime par
des pleurs, des accès de colère et un repli sur soi.
Évolution
Lévitement, ou la souffrance intense provoquée
par les situations redoutées, ont des conséquences négatives
sur lactivité scolaire, professionnelle ou sociale du
sujet, qui «refuse lobstacle» et fait du surplace.
«Les conséquences de la phobie sociale sont le plus souvent:
léchec à répétition et le sentiment
insupportable dêtre partagé entre le désir
et linterdit, souligne Jean-Pierre Royol. Dans les cas les plus
graves, langoisse éprouvée au contact des autres
peut pousser à lautodestruction».
Population
à risque
Les personnes hypersensibles aux frustrations et à tendance
dépressive sont prédisposées à la phobie
sociale, de même que les grands timides. Avoir grandi dans une
famille repliée sur elle-même, peut aussi rendre difficile
la gestion de ses émotions en société
Mais
personne nest à labri. Cette phobie est, en effet,
un des troubles psychiques les plus fréquents et les mieux
cachés, car généralement lon nen
parle pas, et les «phobiques» se croient isolés
alors quon en dénombre de plus en plus... «Ces
symptômes peuvent être éprouvés par tout
le monde à un moment donné, car il ne sagit pas
dune structure psychologique particulière mais deffets.
Le plus difficile à admettre pour le sujet, cest quil
est persécuté par lui-même. Nous sommes tous porteurs
dun persécuteur interne plus ou moins sévère,
selon notre préparation psychique à la rencontre avec
lautre, cest-à-dire la différence»,
explique Jean-Pierre Royol. Ce type de phobie apparaît dès
ladolescence, et parfois plus tôt. Chez les enfants, lanxiété
doit survenir en présence dautres enfants et pas seulement
dadultes pour caractériser laffection. Chez les
personnes de moins de dix-huit ans, la durée du trouble est
dau moins six mois.
Soins
Certains antidépresseurs, en agissant sur la sérotonine,
permettent de lever les inhibitions en société. Mais
deux traitements de fond soffrent en pareil cas : - la thérapie
comportementale et cognitive qui vise à permettre au patient
daffronter une situation précise et de la dépasser,
en la mettant en scène. Pour les comportementalistes, la phobie
résulte, en effet, dune expérience traumatisante
(moqueries, mise à lécart), qui a pu être
amplifiée par la réaction démesurée de
lentourage. - la psychothérapie analytique qui peut également
donner de très bons résultats. «Plutôt que
de traiter le comportement par le comportement - ce qui présente
linconvénient du pansement sur la jambe de bois (ou sur
la langue de bois !)-, une psychothérapie analytique peut essayer
de le décoder ou de le traduire en langage puisquil a
une origine inconsciente, explique Jean-Pierre Royol. Dans ce cas,
le travail thérapeutique consiste à rechercher, notamment
dans lenfance, quel contexte familial ou autre, a fait naître
cette mauvaise estime de soi.
Yves Jaeglé
en savoir plus
:
- La peur des autres, trac, timidité et phobies sociales, Christophe
André et Patrick Légeron, éd. Odile Jacob (nouvelle
édition 2000) - Les phobies, Christophe André, éd.
Flammarion (2000) - Les phobies sociales, sous la direction de Thérèse
Lemperière, éd. Masson (2000) - Les maladies mentales
de ladulte, Michel Godfryd, éd. Que sais-je, (1994) -
Mini DSM-IV, Critères diagnostiques, collectif, éd.
Masson (1996) - Dictionnaire de psychiatrie et de psychopathologie,
Jacques Postel, éd. Larousse (1998)